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Politique

Bpifrance frappée par le naufrage d’Altia et Caddie

Publié le 12.08.2014 à 16h10

Mis à jour le 12.08.2014 à 16h10

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Bpifrance frappée par le naufrage d’Altia et Caddie

Au printemps dernier, la Banque Publique d’Investissement (Bpifrance) avait accepté de refinancer le groupe métallurgiste Altia à hauteur de 2,5 millions d’euros. Au total c’est plus de 8 millions d’euros que la Bpi a injecté dans le groupe pour tenter de sauver 3 500 emplois, mais rien n’y a fait.

La quasi-totalité du groupe Altia a été placée en redressement judiciaire le 1er août par le tribunal de commerce de Paris, c’est une faillite retentissante puisqu’elle concerne une quarantaine de sites, aux quatre coins de la France. La Bpi, qui détenait 20% du capital d’Altia, avait misé gros pour soutenir le groupe.

 

Aujourd’hui la Banque Publique essaie de tirer des leçons de ce naufrage mais «le climat reste délétère», constate un observateur.

Un naufrage qui prend des allures politiques

Au ministère de l’Economie et des Finances, qui « suit le dossier de près », il s’agit de comprendre les raisons de cet échec. Certains experts avancent qu’il s’agit « d'une accumulation d'amateurismes, aggravée par la pollution du politique », mais le résultat est là.

 

L’Etat, actionnaire du groupe Altia à hauteur de 20% par l’intermédiaire de la Bpi, avait donné son accord fin mai pour refinancer le groupe en injectant 2,5 millions.

 

Michel Rességuier, directeur général du groupe, a fait savoir que « depuis juin, la Bpi a beaucoup soutenu le groupe en injectant 8 millions d'euros », ce qui n’est pas l’avis des syndicats qui reprochent à la banque de ne pas avoir investi les 5 millions supplémentaires initiallement promis.

Un vrai gâchis

Quand la presse n’a d’yeux que pour Caddie, influencée par les politiques qui l’élèvent au rang «d'entreprise mythique», le directeur général de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, dérape sur le plateau de BFM Business, en expliquant qu’au milieu d’Altia «il y a une très belle boîte qui s'appelle Caddie, qui a juste un petit problème de trésorerie passager».

 

Tous oublient de voir le tableau général, c’est tout le groupe qui prend l’eau. La nouvelle direction a du mal à traquer les flux de trésorerie qui passent de société en société à l'intérieur du groupe, sans faire de reporting.

 

Dans l’entourage d'Arnaud Montebourg, on affirme que «les actionnaires nous ont menti à plusieurs reprises», attendu que «les comptes ont toujours été certifiés sans réserve par un auditeur de premier plan. La Bpi a réalisé des audits approfondis en 2011 et en 2012, à chaque fois qu'elle a investi», affirme un proche du dossier. Avant de rajouter «ce sera un sacré gâchis financier et industriel, de nombreux sites qui étaient viables seront vendus à la casse», prévoit-on.

 

A Bercy, on déclare «notre plus grande inquiétude est que cette réorganisation ne se fera pas sans douleur, alors qu'on aurait pu l'éviter si on avait agi plus tôt».

 

En coulisses, la tension reste forte, à la hauteur d’un passif que certains estiment à plus de 500 millions d’euros de perte (50% pour les banques, 20% pour la Bpi et 30% pour les fournisseurs).