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Innovation

Comment passer rapidement d’étudiant fauché à patron d’une entreprise prospère ?

Publié le 08.03.2012 à 11h43

Mis à jour le 08.03.2016 à 15h02

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Comment passer rapidement d’étudiant fauché à patron d’une entreprise prospère ?

Florent Hernandez, créateur de Sociallymap : l’interview vérité d’un entrepreneur audacieux. Du courage, du culot, de la persévérance, beaucoup de travail, et une foi inébranlable en son idée… et si c’était la recette du succès de l’entreprenariat ?

Florent Hernandez est à la tête de l’agence Alhena Conseil basée dans la région d’Aix-en-Provence. Il a mis au point et commercialise avec son équipe le système de marketing automation Sociallymap. Marketing quoi ? Imaginez un système qui trouve des contenus intéressants sur le net, récupère les actualités de votre entreprise sur votre site, mélange le tout habilement avant de le diffuser tout seul sur vos différents réseaux sociaux. Ce dispositif génial existe et il libère les community managers de nombreuses tâches répétitives. En plus, il se configure facilement via une interface web avec de simples glisser-déposer.

 

Aujourd’hui l’entreprise se porte bien et Florent Hernandez est reconnu comme un expert des médias sociaux. De grandes enseignes lui font confiance et le développement à l’international se profile.
Alors comment passe-t-on d’étudiant sans le sou à patron respecté d’une entreprise prospère ? Laissons l’intéressé nous répondre lui-même.

La création

D’où est venue votre envie d’entreprendre ?

Les notions d’indépendance d’ambition ont toujours été présentes en moi, depuis mes années d’études. Je pense que le seul métier qui pouvait me correspondre était l’entrepreneuriat, même si j’ignorais encore à cette époque ce que cela représentait réellement.
Le déclic est venu finalement assez tard, lors de ma dernière année d’étude, en mastère management de la technologie et de l’innovation à l’EM Lyon. Entreprendre est donc à ce moment-là devenu un objectif, mais les idées sont venues plus tard…

« Je pense que le seul métier qui pouvait me correspondre était l’entrepreneuriat, même si j’ignorais encore à cette époque ce que cela représentait réellement. »

L’EM Lyon, reconnue comme une des meilleures écoles de commerce de France encourage à “Innover, créer de la valeur, ne pas imiter, prendre l'ascendant”.

Entre l’idée de lancer votre activité et sa concrétisation, combien de temps s’est écoulé ?

J’ai d’abord eu l’envie d’entreprendre, avant d’avoir une réelle idée novatrice pour cela. Je me suis donc lancé dans une entreprise de service, dans le milieu des réseaux sociaux. C’était à l’époque une des seules choses que je maîtrisais à peu près. Je n’avais besoin que de mon ordinateur pour me lancer, c’était simple. C’est donc en 2011 que j’ai créé mon agence digitale, Alhena.

Ce n’est qu’un an et demi plus tard que l’idée de Sociallymap est venue. L’agence a alors joué le rôle de financeur pour développer l’outil. Ce fonctionnement m’a permis de développer Sociallymap sur mes fonds propres, sans avoir à ouvrir le capital de la société dès le début. L’application est finalement sortie officiellement à l’été 2014. 

Aujourd’hui ces deux activités co-existent et sont très complémentaires. Mon agence a évolué pour devenir une agence digitale au sens large. Les clients de l’agence sont intéressés par Sociallymap et inversement.

Une application comme Sociallymap impose l’amélioration continue

Le monde du web, et cela est d’autant plus vrai pour les réseaux sociaux, évolue à une vitesse vertigineuse. Sans une remise à niveau continue, nous irions droit dans le mur. Les réseaux changent, les habitudes changent, les comportements changent. Nous sommes dans l’obligation de suivre tout cela.

D’un point de vue purement technique, nous passons autant de temps à améliorer ou maintenir l’existant qu’à développer de nouvelles fonctionnalités. Notre veille est quotidienne, aussi bien sur des sujets techniques que marketing. Nous nous positionnons comme un outil innovant, répondant à des besoins actuels de nos clients. Il est inenvisageable de nous reposer sur nos lauriers.

Le logiciel tel qu’il existe aujourd’hui n’est pas exactement celui auquel j’avais pensé il y a 3 ans. Il a beaucoup évolué en fonction des besoins clients, en fonction des technologies disponibles, en fonction des attentes du marché… Sans cela je pense que nous ne serions pas allés bien loin.
Ecouter son marché peut paraître être une évidence mais ce n’est pas si simple que cela, il faut parfois accepter l’idée que notre idée de départ n’était pas la bonne, ou pas exécutée correctement, et savoir pivoter rapidement.

D’un autre point de vue, il faut aussi savoir tenir un cap, une direction et ne pas pivoter trop souvent. Un juste milieu doit être trouvé. La roadmap produit est un élément assez complexe à gérer finalement. Certains développements sont utiles pour la pérennité du projet, pour le rendre scalable, mais sont invisibles pour les utilisateurs, d’autres sont visibles des utilisateurs mais ceux-ci ne sont pas prêts à le payer, d’autres encore rapportent directement du CA, mais uniquement de la part de certains utilisateurs… Tout cela doit être pris en compte et analysé.

Le pire de tout est je pense l’utilisateur qui dit « Développez cela et je signe ». Développer une fonctionnalité pour un seul client est je pense une erreur, malheureusement courante. Le client ne signera pas 3 fois sur 4. Il faut savoir refuser 2 clients aujourd’hui, pour en signer le double 1 mois plus tard. Il faut savoir prendre énormément de recul et avoir une vision long terme de son produit. Cet aspect est l’un des plus intéressants je trouve dans l’aventure.

Un choix stratégique payant : tout faire développer en interne.

Grâce à l’agence, génératrice de CA, il m’a été possible d’internaliser l’entièreté du développement de Sociallymap, sans pour autant ouvrir le capital de mon entreprise dès son démarrage.  
Avec le recul, c’est la meilleure décision que je n’ai jamais prise. Après tout, les aspects techniques du produit sont mon cœur de métier. Ne pas maîtriser son cœur de métier est dangereux. Cela était à l’époque un vrai risque effectivement, car il s’agissait de recruter une personne qui n’allait pas ramener un euro pendant au moins 2 exercices.

Le choix d’externaliser le développement de l’outil aurait au final coûté plus cher je pense, pour les raisons évoquées précédemment : l’application a évolué au fur et à mesure des retours clients et n’a plus rien à voir avec le cahier des charges initial. Une agence m’aurait facturé à chaque pivotement, cela aurait été un gouffre financier auquel je n’aurais pu faire face, et l’entreprise aurait été beaucoup moins flexible. Un risque payant donc.

« Internaliser le développement de Sociallymap a été la meilleure décision que je n’ai jamais prise. »

Quelles rencontres ont permis cette concrétisation ?

Les rencontres ont été nombreuses mais aucune n’a été déterminante. L’ensemble des rencontres mises bout à bout est déterminant. Un bon entrepreneur doit, je pense, savoir s’entourer des bonnes personnes, écouter les conseils, copier les méthodes, s’inspirer à droite, à gauche, mélanger le tout et créer sa propre méthode. Cela est valable pour tous les domaines de l’entreprise (ressources humaines, management, finance, …). C’est la suite des différentes rencontres qui permet de réfléchir correctement et d’avoir tous les éléments nécessaires pour construire son modèle d’entreprise.
Seuls les génies inventent…

Comment avez-vous financé la création de la société ?

La création en soit ne coûte pas grand chose. J’ai payé de ma poche les quelques frais liés à l’administratif (environ un mois de RSA, à l’époque), puis j’ai demandé à ma grand-mère de m’aider pour constituer mon petit capital de départ.
Cette partie est plutôt facile à gérer. C’est après que cela se corse, lors de la première année, lorsque le CA reste à zéro. Le premier carburant de l’entreprise reste la nourriture qu’il faut donner au porteur de projet. Cette période est plus difficile mais rien n’arrête un entrepreneur motivé, encore moins s’il aime les pâtes !

« La première année de l’entreprise, avec un chiffre d’affaires à zéro, est la plus difficile. Mais rien n’arrête un entrepreneur motivé, encore moins s’il aime les pâtes! » 

Avez-vous bénéficié d’aides, de coups de pouce ?

Au-delà des nombreux conseils que j’ai pu recevoir d’entrepreneurs plus expérimentés, j’ai pu bénéficier de quelques aides matérielles, comme un bureau mis à ma disposition pendant 6 mois par exemple, ce qui m’a évité de travailler de chez moi, permis de prendre un stagiaire, sans payer de loyer et les charges qui vont avec.
J’ai également bénéficié d’aide de la part de mes amis et de ma famille, qui se sont immédiatement improvisés commerciaux de ma toute jeune entreprise. Ces personnes, au-delà de me soutenir moralement, n’ont pas hésité à encenser mes services alors même qu’ils n’en connaissaient rien, dès lors qu’ils entendaient quelqu’un pouvant en avoir besoin.

Quelle forme juridique avez-vous choisie et pourquoi ?

J’ai d’abord choisi de constituer une EURL.
L’auto-entrepreneuriat ne répondait pas à mes attentes en termes de crédibilité et de possibilité de croissance, les statuts micro-entreprise et consorts ne m’ont pas séduit et la SAS me paraissait moins simple à gérer.
L’EURL m’a convenu pendant des années, puis au regard de l’ambition et de la croissance de l’entreprise, j’ai décidé de changer la forme juridique pour une SAS. 

La transformation de statut coûte en moyenne un millier d’euro et permet de préparer la société pour accueillir de nouveaux associés. A ce jour, ceux-ci ne sont pas encore arrivés mais cela ne saurait tarder. C’est une phase délicate puisque personne ne sait gérer cela avant de l’avoir fait une fois. Les notions juridiques sont nombreuses, il faut se pencher sérieusement dessus, pour être en mesure d’en discuter avec des gens pour qui c’est le quotidien. Rien de compliqué en soi mais qui demande un minimum de réflexion et d’apprentissage.  

Les débuts

Votre premier client « grand compte » ou référence prestigieuse ?

Ma première grande référence a été Décathlon. Le plus fou est qu’il est tombé du ciel. J’ai un jour reçu un mail, suite à une interview que j’avais donnée sur un blog. Certains diront que c’est de la chance, moi je dis que j’ai provoqué cette chance, en allant chercher ce bloggeur et en négociant pour faire une interview sur son site, sans parler du travail de rédaction, qui n’est pas si simple que ça si on veut attirer la bonne cible. Tout cela sans savoir évidemment si ça rapportera quoi que ce soit à l’entreprise.
Ce client a été important pour la suite, non pas par le chiffre d’affaires généré car il était plutôt faible, mais par la référence, le fait de montrer que je savais travailler avec des grands comptes. La crédibilité de l’entreprise a beaucoup augmenté et cela a créé un effet boule de neige.

« J’ai signé avec Décathlon grâce à une interview que j’avais donnée sur un blog. Cette première référence prestigieuse a été déterminante pour la suite. »

Votre premier salarié ?

Mon premier salarié a été un développeur informatique.
N’ayant pas le droit de ma rater là-dessus, sous peine de mettre la clé sous la porte, je suis passé par un recruteur indépendant, qui m’a qualifié en amont des candidats. Cela a été une très bonne pioche, puisque ce salarié est aujourd’hui directeur technique de la solution Sociallymap. Le fait de passer par un recruteur a augmenté sensiblement le coût de ce recrutement, mais cela était nécessaire. Le coût d’un mauvais recrutement aurait été bien plus élevé.

Cette période n’est pas vraiment celle que j’ai le plus aimé, même s’il est très gratifiant de recruter et de faire travailler quelqu’un. Il faut savoir que c’est aussi une énorme source de stress ! A cette époque, un recrutement équivalait à doubler la taille de l’entreprise ! Les nuits ont été courtes pendant quelques semaines. A l’époque, c’est la décision la plus engageante pour l’entreprise que j’avais été amené à prendre. Avec le recul, on en rigole, mais heureusement que cela a été bien fait.

« Recruter un premier développeur informatique a été la décision la plus engageante pour l’entreprise qu’il m’ait fallu prendre. C’est pourquoi je me suis fait aider par un recruteur professionnel »

Aujourd’hui, on parle de combien de salariés et de CA ?

Nous avons fait une croissance de 31% en 2015 et visons un demi-million de CA pour 2016, réalisé avec l’aide de 13 collaborateurs.

L'entreprise

Selon vous, qu’est-ce qui rend votre projet unique ?

J’ai lu, il y a peu, (désolé de ne pas me souvenir de la source) que peu importe dans quel projet on se lançait, il y avait en moyenne 3 personnes dans le monde qui seraient en train de faire exactement pareil, peu importe le secteur d’activité du projet.  Quelque part, mon projet n’est donc pas unique. Le tout va être de le faire mieux que les fameux trois autres.

Mon produit a été créé en 2013 sur un besoin concret venant du terrain. Ce sont nos clients qui étaient demandeurs et nous avons construit Sociallymap autour de leurs besoins. Ce principe est toujours en place aujourd’hui. Nous décidons des évolutions en fonction des attentes prioritaires des utilisateurs.

Par ailleurs, nous avons une philosophie dont nous ne dérogeons pas lors du développement de notre outil : KISS ! (Keep It Simple and Stupid !). Ce principe nous dit, en gros, que l’outil, aussi complet soit-il, doit rester le plus simple possible et doit pouvoir être utilisé sans formation, par des néophytes. Cette manière de penser nous impose énormément de réflexion lors du développement de nouvelles fonctionnalités ainsi qu’en termes d’ergonomie. C’est une des clés de notre unicité sur le marché, en plus évidemment d’être l’outil le plus performant sur bien des points. 

« Un produit performant construit autour des demandes des clients,
avec une prise en main aussi intuitive qu’immédiate. »

Aujourd’hui, nous permettons à des entreprises de mettre en place, par exemple, ce que nous appelons des « programmes ambassadeurs » ou « employee advocacy ». Cela consiste à transformer les salariés d’une entreprise en ambassadeurs de cette dernière.
Sociallymap est capable, en fonction de l’expertise de chaque collaborateur, de pousser du contenu approprié sur leurs comptes sociaux (contenu corporate, veille, …). Notre produit se démarque tout d’abord sur l’offre, qui est innovante et relativement peu connue encore. Ensuite, nous nous démarquons par la simplicité de déploiement et par l’efficacité. Ces critères réunis, je pense que notre outil est unique. 

Votre banque joue-t-elle le jeu ?

Notre banque joue le jeu oui, mais nous ne l’avons que très peu sollicitée à vrai dire, préférant passer pour tout ce qui touche au financement, par des dispositifs publics (BPI, Région) ou privés (Fonds de capital risque).

A ce jour, nous avons bénéficié de subventions à l’innovation (BPI), de prêts à l’innovation (BPI, CAAP Création, PACA Emergence) et nous n’excluons pas de réaliser une levée de fonds très prochainement.
C’est je pense la suite logique pour développer la société à la hauteur de nos ambitions. L’argent est le nerf de la guerre, il faut savoir aller le chercher pour accomplir le projet qu’on imagine.

Depuis mes débuts, j’ai beaucoup évolué sur ces sujets. Pensant d’abord pouvoir me débrouiller tout seul, j’ai rapidement pris conscience que l’argent, sous forme de prêt ou de levée de fonds permettait d’aller plus vite, plus loin, et finalement, de créer un projet plus ambitieux dans lequel je n’étais pas perdant. Le monde de la finance fait un peu peur lorsqu’on ne le connaît pas, mais c’est une bonne chose de mettre le nez dedans. Cela ouvre des portes.

Investissez-vous en R&D, combien, pourquoi, avec quelles attentes et résultats ?

Nous faisons évidemment de la R&D pour notre logiciel Sociallymap. Les réseaux sociaux sont en constante évolution, il ne se passe pas une semaine sans que nous ayons à effectuer un ajustement, une modification.

Le milieu du webmarketing au sens général est également en constante évolution. Il nous faut sans cesse étudier, surveiller, prendre de l’avance, anticiper les usages, si nous voulons rester au niveau. Cela demande beaucoup d’efforts de veille et de développement.

Des ambitions à l’International ?

Tout à fait. Sociallymap est un logiciel qui possède déjà quelques clients hors de France et qui a une ambition internationale.
D’après les analyses de trafic, une bonne partie de nos visiteurs provient déjà de l’international et principalement d’Amérique du nord. Nous avons encore un gap à franchir pour pouvoir proposer à ces internautes une expérience adéquate et répondre à leurs besoins,mais cela fait partie de nos priorités en ce début d’année.

Le dirigeant

Une devise, une phrase une citation qui est importante pour vous ?

« Fake it until you make it ». C’est une devise que j’ai beaucoup appliquée à mes débuts et que je continue d’appliquer de manière occasionnelle. Personne ne sait tout faire évidemment, surtout au début. Et encore moins dans un domaine aussi neuf que le social marketing. Il faut bien avoir un premier client pour apprendre à faire… d’ou la nécessité de feindre le savoir pour progresser. Lorsqu’on me demande quelque chose que je ne sais pas faire, donc, si cette compétence m’intéresse, je dis « pas de problème ! » et je vais vite apprendre à le faire.
"Pas de risque : soit je gagne, soit j’apprends" (Mandela).

Avez-vous une formation adaptée à l’enjeu de vos fonctions actuelles ?

Avant l’EM Lyon, je suis passé par la case prépa scientifique et par 3 années à l’école Nationale Supérieure des Mines de Saint Etienne. J’ai donc un background plutôt ingénieur. Pendant ces premières années d’études, j’ai appris le côté technique. La dernière année à l’EM Lyon m’a apporté le côté management et marketing, totalement absent du cursus ingénieur. C’est cette dernière année qui m’a permis de prendre du recul sur la technologie, de la manager, de la vendre et d’innover. L’inverse n’aurait pas été possible.

Au global, je suis très content des études que j’ai effectuées. Le côté ingénieur m’apporte un certain pragmatisme, une certaine rigueur, alors que le côté commerce m’apporte le recul nécessaire pour voir plus loin que la seule technologie et en faire un business.

Evidemment tout ce que j’ai appris ne sert pas aujourd’hui mais je considère que rien n’est inutile pour autant. Le fait de savoir diagonaliser des matrices en dimensions infinies, soyons honnête, il y avait peu de chance que cela me serve un jour… Il faut voir toutes ces années d’études comme des années de maturation, d’entraînement de l’esprit, de préparation au monde actif, au-delà des pures connaissances concrètes.
En Maths sup, j’ai appris à travailler, à réfléchir et à persévérer dans la difficulté, au-delà d’apprendre la résolution de l’équation de Schrödinger…
En école d’ingénieur, j’ai appris à travailler en équipe, j’ai commencé à découvrir ce qu’était une entreprise, et non pas seulement le fonctionnement d’un circuit électrique.
En Mastère, j’ai appris à prendre du recul sur la technologie et à en voir les aspects « business » et pas seulement à dresser un compte de résultat prévisionnel.

En réalité, les vraies connaissances « techniques », je les ai apprises sur le terrain, mon cerveau était suffisamment formaté et prêt à accueillir ces connaissances concrètes.

Une bonne école c’est aussi un bon réseau ?

Oui, les années d’études sont les années les plus riches en rencontres. Je me rends compte aujourd’hui seulement à quel point le réseau est important. Je compte aujourd’hui beaucoup d’anciens collègues d’école parmi mes partenaires, mes clients, mes fournisseurs. Les liens qui se créent lors des années d’études sont très forts. Chacun prend ensuite des chemins différents et il est extrêmement utile de conserver un maximum de liens.
Le réseau des anciens élèves est malheureusement souvent mis de côté lors des années d’études et on ne se rend compte que plusieurs années après que cela est extrêmement utile. Malheureusement, ce n’est pas lorsqu’on en a besoin qu’il faut l’activer, un réseau s’entretient et se travaille. C’est ce que je m’efforce aujourd’hui de faire.

Etes-vous plutôt un gestionnaire, un ingénieur, un commercial ?

Au démarrage, j’ai bien été obligé d’être tout ça à la fois. Au fur et à mesure, j’ai appris à déléguer les parties technique et commerciale, pour me concentrer sur la gestion, car c’est bien ce qu’on attend d’un chef d’entreprise il me semble.
Aujourd’hui je ne saurais pas dire si je suis plutôt ingénieur, commercial ou autre… Je pense que mon envie d’avancer au niveau « business » fait plutôt de moi un commercial, mais mon esprit très cartésien est typique des ingénieurs. Ce dont je suis très fier aujourd’hui, c’est surtout d’être passé par tous les postes. Cela me permet de mieux manager chaque département.

Comment avez-vous tiré parti de vos points forts et compensé vos points faibles ?

Mon principal point fort est de savoir m’entourer des bonnes personnes. C’est en partie comme cela que j’ai réussi à compenser mes points faibles en réalité.
Parfois il faut apprendre à faire les choses qu’on ignore, parfois il peut être beaucoup plus avantageux de laisser faire ceux qui savent, tout en regardant et en apprenant. Savoir s’entourer est le meilleur moyen de compenser ses points faibles. Personne ne peut tout savoir-faire.

Etes-vous impliqué dans des réseaux avec d’autres entrepreneurs ?

Oui je fréquente beaucoup d’autres entrepreneurs car c’est le meilleur moyen d’apprendre, de partager et donc, d’éviter de faire des erreurs. On est finalement très seul quand on entreprend. Lorsqu’il s’agit de prendre une décision, à qui demander ? Cette solitude est peut-être motrice, car nous n’avons besoin de l’aval de personne pour avancer. Mais cela peut aussi être un frein, lorsqu’on est confronté à un choix compliqué ou à une impasse. Le fait de voir d’autres entrepreneurs est indispensable pour avancer droit.

Avez-vous parfois été découragé, avez-vous failli abandonner ?

Découragé oui, évidemment, environ 3 fois par jours. Heureusement j’ai aussi des pics d’enthousiasme, environ 5 par jour. Donc finalement, je continue !
Honnêtement, je ne voyais pas l’entrepreneuriat comme quelque chose d’aussi dur mais maintenant que j’y suis, je ne ferais autre chose pour rien au monde. Personne ne peut tout réussir du premier coup, il y a forcément des échecs, le tout est d’apprendre et d’aller de l’avant. Donc oui, j’ai déjà eu des échecs, de là à abandonner par contre, il en faudrait un peu plus !

« Je suis découragé 3 fois par jour.
Mais comme j’ai des pics d’enthousiasme 5 fois par jour, je continue! »

Quels conseils pour un créateur d’entreprise ?

Mon expérience dans la création d’entreprise n’est pas très grande, je ne sais pas si je suis le mieux placé pour donner des conseils sur la création d’entreprise… Ce qui a marché pour moi ne marchera peut-être pas pour d’autres… Sans tomber dans les conseils « bateaux », je dirais à de nouveaux entrepreneurs d’avoir confiance en eux, d’écouter les conseils, tout en prenant un certain recul.

L’entrepreneuriat est avant tout une histoire de feeling, il faut savoir naviguer à vue, dans le brouillard, prendre des décisions seul, aimer le risque et avoir le moral. En d’autres termes, être un peu inconscient ou insouciant, ou les deux ! Le meilleur conseil à donner serait je pense « apprenez à vous entourer des bonnes personnes ».

« Apprenez à vous entourer des bonnes personnes »

Et si c’était à refaire ?

Cela irait plus vite ;)

Présentation de Sociallymap en vidéo