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Continentale Nutrition sauvée par l’agence de refinancement Alandia

Publié le 09.02.2016 à 10h30

Mis à jour le 09.02.2016 à 10h30

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Continentale Nutrition sauvée par l’agence de refinancement Alandia

En 2014, l’investisseur industriel Alandia a repris le fabricant de nourriture pour animaux Continentale Nutrition et lui a injecté 8 millions d’euros pour le moderniser et le sauver de la faillite. Focus sur ce redressement financier à succès.

Alandia est un investisseur industriel qui reprend des sociétés traversant des difficultés. Depuis sa création en 2010, le fonds a investi plus de 42 millions d’euros.

Alandia modernise Continentale Nutrition avec 8 millions d’euros

Alandia a investi 8 millions d’euros dans l’entreprise française. 3,2 millions d’euros ont été investis dans une ligne automatisée de fabrication d’aliments en pochette dans le but de continuer à gagner des clients.

 

1 million d’euros ont aussi permis de renouveler tout le système informatique. D’après le PDG de Continentale Nutrition, fondée en 1958, « c’est une révolution car c’est un outil capable de couvrir un large périmètre de gestion (achats, ventes, production, stocks...) ».

 

L’investissement dans l’automatisation a permis d’accélérer la vitesse de production et d’avoir des prix de revient équivalents à ceux des concurrents de Continentale Nutrition, comme Nestlé (Friskies, Purina, Felix) et Mars (Pedigree, Whiskas, Royal Canin). Selon Lucien Bernard, le directeur de Marengo (un des trois sites de Continentale Nutrition), « le robot traite trois cent soixante-dix pochons à la minute quand un humain, au maximum, en faisait deux cent soixante-dix ».

 

Le redressement, accompagné d’un plan social, s’est traduit par le licenciement de 126 personnes dans le cadre du PSE. Selon Francis Nouvier, directeur général de Continentale Nutrition, en octobre 2015, « l’effectif total est […] de 357 salariés avec un volant d’intérimaires représentant 10 % de l’effectif ».

25 millions d’euros de perte pour Continentale Nutrition en 2012

En 2012, l’entreprise enregistre 25 millions d’euros de pertes « en raison de l’impossibilité de répercuter suffisamment rapidement les hausses du coût des matières premières sur les prix de vente », explique dans un communiqué Jean-Luc Bride, directeur général de Continentale Nutrition.

 

En mai 2013,  le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) prend la décision de placer le fabricant de nourriture pour animaux en redressement.

 

En mars 2014 et avec le soutien des pouvoirs publics (le ministre du Redressement productif de l’époque Arnaud Montebourg s’est mobilisé pour sa reprise), l’agence de refinancement d’entreprises Alandia Industries reprend Continentale Nutrition. Au départ, le projet prévoit alors un investissement de 7 millions d’euros. Il s’élèvera finalement à 8 millions.

Un équilibre et une confiance retrouvés

Aujourd’hui, « Alandia considère que sa mission est […] terminée à Boulogne » a annoncé Francis Nouvier. Les voyants au vert, l’entreprise continue à se désendetter et à améliorer sa productivité. La dette de 95 millions d’euros a ainsi été ramenée à 39 millions après un abandon de créances, acte par lequel les prêteurs de l’entreprise abandonnent tout ou partie de leurs créances sur l’entreprise.  Déjà en 2014, le fabricant de nourriture pour animaux avait fait varier sa rentabilité commerciale de -180 % à -42%.  Le chiffre d’affaires de Continentale Nutrition a augmenté (96 millions d’euros en 2015) et est bénéficiaire depuis mars 2015, soit un an après la reprise par Alandia.

 

Son remboursement a démarré en juin 2015 et celui des aides publiques commencera cette année.

 

Continentale Nutrition a de plus retrouvé la confiance de ses clients, notamment dans la grande distribution : Aldi, Auchan ou encore Carrefour. « Nous avons dégagé un résultat positif au bout de 22 mois, en avance sur notre calendrier », explique Francis Nouvier, ce qui incite l’actionnaire à penser qu’il doit transmettre maintenant l’entreprise à un nouvel investisseur qui pourra continuer de moderniser l’outil de production.