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Fintech, ces start-ups bousculent les grands groupes de la finance

Publié le 17.02.2016 à 18h28

Mis à jour le 17.02.2016 à 18h28

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Fintech, ces start-ups bousculent les grands groupes de la finance

Ce 28 janvier à Bercy, la première édition du ParisFintechForum a réuni 620 participants, dont les dirigeants de grandes banques et assurances. L’occasion de traiter du sujet des Fintech, ces start-ups de la finance dont les services reposent le plus souvent sur le financement participatif, le paiement mobile et la banque en ligne. Pour les acteurs traditionnels de la finance, ces start-ups de la finance représentent une nouvelle concurrence mais aussi des opportunités à saisir.  

« La Fintech est un enjeu majeur pour le développement de services financiers innovants pour tous ; les consommateurs ont tout intérêt à ce que de nouveaux acteurs bousculent les acteurs établis du secteur financier », explique le ministre de l’Economie et des Finances Michel Sapin.

Le financement des Fintech multiplié par sept en trois ans

Le secteur des start-ups de la finance est en pleine expansion car de nouveaux modèles prometteurs comme le prêt entre particuliers ou les innovations dans les systèmes de paiement viennent concurrencer les acteurs financiers traditionnels.

 

Selon une étude du cabinet KPMG publiée en janvier 2016, le financement des start-ups FinTech a été multiplié par 7 en trois ans. Ils atteignent près de 20 milliards de dollars en 2015 alors qu’ils étaient de 2,5 milliards d’euros en 2012 et de 12,1 milliards d’euros en 2014.

Les Fintechs, dangers ou sources d’opportunités pour la finance traditionnelle ?

Le ParisFintechForum organisé à Bercy par Alteir Consulting a permis de réunir les bons éléments de la FinTech française et européenne. 620 participants s’y sont rassemblés, notamment les dirigeants des banques et assurances Axa, Allianz, Crédit Mutuel, BNP Paribas ou encore La Banque Postale. Le ParisFintechForum a permis aux participants d’échanger sur l’impact des Fintech sur le secteur financier.

 

Pour ne pas se faire « ubériser », les groupes traditionnels s’intéressent ainsi de près à ces jeunes pousses de la finance. Si les Fintech peuvent représenter de potentiels concurrents sur le marché pour les acteurs traditionnels de la finance, ces derniers sollicitent aujourd’hui leur potentiel : « Nous faisons face à une disruption culturelle dans les usages des clients et nous devons changer notre façon de faire. Nous ne pourrons pas le faire entièrement seuls : nous avons besoin des Fintech », explique Benoît Legrand, responsable des Fintech chez ING Group.

 

C’est dans cette optique que le groupe de bancassurance Crédit Mutuel Arkea a racheté en 2015 l’éditeur de solutions de paiement en ligne Leetchi. Leetchi.com permet notamment de collecter les participations financières de plusieurs personnes sur une cagnotte unique. En 2014, la start-up a récolté 100 millions d’euros. Le groupe bancaire breton a acquis 86% du capital de cette start-up financière en investissant plus de 50 millions d’euros. 10 millions d’euros ont aussi servi à accélérer le développement international de la start-up.

 

« Mais attention, il ne faut pas être naïf, prévient Alice Holzman, directrice du digital à la Banque Postale. Il y a des Fintech avec lesquelles nous pouvons collaborer car elles nous offrent de l’agilité et d’autres qui représentent une menace car elles désintermédient différents services ».

Pour rivaliser, les Fintechs se regroupent pour se développer plus rapidement

Impulsées par la French Tech, les Fintech françaises s’internationalisent de plus en plus rapidement. Dans le but de les fédérer et les promouvoir au-delà des frontières hexagonales, l’association France Fintech a été créée en juin 2015. L’association regroupe 54 membres, notamment Slimpay, Leetchi mais aussi le site de financement participatif européen Ulule ou encore la plateforme de crédit entre particuliers Prêt d’Union, qui en 2015 a levé 31 millions d’euros pour se lancer en Italie et en Espagne.

 

Dans cette optique de croissance, le fonds d’investissement Truffle Capital a mis en place cet été un incubateur dédié aux Fintech. Pour ces start-ups, un développement rapide est important pour concurrencer les start-ups européennes qui ont des business model similaires, comme par exemple la londonienne GoCardless qui s’est implantée en France et qui depuis avril 2015 concurrence la française Slimpay. L’objectif de GoCardless est de permettre à toute entreprise de mettre en place un système de prélèvement bancaire pour la facturation des clients.

 

Grâce à ce dynamisme créé, le nombre de Fintech en France s’accroît. Seulement, une seule jeune pousse française fait partie du classement des 100 premières mondiales parmi les 40 américaines, 22 asiatiques et 18 britanniques du palmarès. Cette start-up parisienne, Slimpay, vend une solution technologique simplifiée de prélèvement automatique aux sites marchands ou aux entreprises qui facturent régulièrement leurs clients.

Slimpay, un modèle de « Fintech » à succès

Avec son système de paiement en ligne sans carte bancaire, Slimpay, société fondée en 2009, a obtenu en 2012 le trophée « Solution bancaire innovante ». Pour Jérôme Traisnel, co-fondateur de la start-up avec Jean-Louis Hoenen, « cela a permis de crédibiliser notre offre auprès des premiers grands acteurs qui nous ont fait confiance. Dans l’ordre, SANEF, SFR et Deezer en 2012  ». En 2013, Slimpay se charge de la gestion des e-mandats d’EDF. En 2014, elle établit un partenariat avec Ingenico et en 2015, elle gère l’offre d’abonnement d’IDTGV. Le 25 novembre 2015, elle remporte aussi le prix Fast 50 de Deloitte, un classement qui distingue les 50 entreprises les plus dynamiques de France. Economiquement, la start-up a vu ses revenus bondir de 4,068% entre 2011 et 2014.

 

Le succès de Slimpay est l’adaptation au système économique actuel. « Les habitudes d’achat changent. Nous ne sommes plus dans une économie de la possession, mais de l’usage. Les paiements changent aussi. Ils ne se font plus à l’acte, mais par abonnement. Nous permettons aux marchands de mettre en place ces nouveaux modèles liés à la récurrence », explique Jérôme Traisnel.