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Free fait une offre surprise sur T-Mobile US

Publié le 01.08.2014 à 11h34

Mis à jour le 01.08.2014 à 11h34

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Free fait une offre surprise sur T-Mobile US

Iliad, la maison mère de Free, a confirmé avoir fait une offre de 15 milliards de dollars pour prendre le contrôle de l’opérateur T-Mobile US, filiale américaine de Deutsche Telekom, dont la valorisation boursière s’élève à 25 milliards de dollars (18,7 milliards d'euros).

L’information a d’abord été révélée dans le Wall Street Journal qui s’est étonné de voir débarquer «un enchérisseur surprise dans la bataille pour T-Mobile US ».

 

En qualifiant Xavier Niel de « fauteur de troubles », le Wall Street Journal explique que le « self-made milliardaire espère avoir le même effet perturbateur qu'en France, où il a été une épine douloureuse dans le pied des autres opérateurs téléphoniques du pays » lorsqu’il est arrivé sur le marché en 2012.

« Guerre des offres avec Sprint »

Pour ce qui est des faits, Iliad propose 15 milliards de dollars (11,2 milliards d'euros) pour acquérir 56,6% de T-Mobile US, soit 33 dollars par action, et promet 10 milliards de dollars de synergies « au bénéfice des actionnaires de T-Mobile US », ce qui « conduit à une valeur globale de 36,2 dollars par action, soit une prime de 42% par rapport au cours de Bourse » de l'opérateur fin 2013, et ce avant les « rumeurs de marché relatives au rapprochement entre Sprint et T-Mobile US ».

 

Le groupe de Xavier Niel déclenche ainsi « la guerre des offres avec Sprint », le troisième opérateur mobile américain qui veut lui aussi s'offrir T-Mobile US.

« La bataille des francs-tireurs »  

La société Sprint est détenue par Softbank, firme du très ambitieux homme d'affaires japonais Masayoshi Son, qui n’a jamais caché sa volonté de mettre la main sur T-Mobile pour constituer un opérateur capable de rivaliser avec les deux géants du secteur, AT&T et Verizon, qui détiennent à eux seuls 70% du marché américain (200 millions d’abonnés).

 

Selon PC-Magazine, il s’agit d’une « bataille de francs-tireurs ».

 

« Iliad et Softbank ont beaucoup en commun : ils sont tous les deux dirigés par leurs fondateurs, des grandes gueules génies du business high-tech et qui ont bouleversé le secteur des télécoms dans leurs pays en cassant les prix et en pratiquant des politiques favorables aux consommateurs ».

« Une opération audacieuse »

Le montage financier imaginé par Xavier Niel prévoit 6 milliards d’euros, dont 2 milliards sur fonds propres et quatre milliards empruntés, qui seront ensuite injectés dans une holding détenue entièrement par Iliad.

 

Il est prévu par la suite que cette holding lève cinq milliards d’euros supplémentaires de dettes pour atteindre les 11 milliards nécessaires pour prendre le contrôle de T-Mobile. Cette dette pourrait représenter environ quatre fois l’Ebitda d’Iliad, un niveau jugé raisonnable pour ce genre de transaction.

 

Selon une source proche du dossier, l’opérateur français se montre prudent en expliquant que «  rien ne garantit que son offre sera acceptée par le conseil d’administration de T-Mobile US et qu’il en résultera une transaction ». Il précise également qu’il veillera à «  respecter une discipline financière rigoureuse et à ne s’engager que sur un projet créateur de valeurs pour tous ses actionnaires ».

 

« L’opération est audacieuse, mais Free en a les moyens », ajoute cette source.