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La grève aurait coûté à Air France 300 millions d’euros

Publié le 29.09.2014 à 12h15

Mis à jour le 29.09.2014 à 12h15

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La grève aurait coûté à Air France 300 millions d’euros

Le principal syndicat de pilotes d'Air France, le SNPL (syndicat national de pilote de ligne), a annoncé dimanche la fin de la grève qui a cloué au sol toute la flotte d’Air France pendant 14 jours, occasionnant une perte pour la compagnie de près de 300 millions d’euros, sans que les négociations n’aient abouti à un accord.

Les deux parties n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur les modalités d’un contrat unique pour les pilotes d’Air France destiné à poser les bases opérationnelles de la compagnie low cost Transavia, présenté lors du plan Perform 2020.

 

Guillaume Schmid, le porte-parole du syndicat de pilotes, a affirmé que «les conditions du dialogue social ne sont aujourd'hui pas réunies, les pilotes ont décidé de prendre leurs responsabilités en levant le mouvement de grève». Cependant, ils espèrent « poursuivre les discussions dans un cadre plus serein», explique-t-il.

300 millions de pertes en 14 jours

Sur le versant financier, cette grève est une catastrophe, annoncent certains observateurs. Par jour, le conflit a coûté entre 15 et 20 millions d’euros à la compagnie, soit une perte totale de près de 300 millions d’euros en 14 jours. Ajoutées aux indemnités compensatoires que la compagnie va devoir verser aux passagers et aux voyagistes, les pertes vont être encore plus lourdes.

 

Par ailleurs, Air France va devoir faire preuve de transparence sur les conséquences de la grève sur ses résultats 2014, notamment pour regagner la confiance des marchés financiers.

 

Sur le versant de l’image de marque, certains experts s’accordent à dire que les 14 jours de grève vont avoir un effet dommageable sur l’image du groupe. En revanche, d’autres affirment que la compagnie historique ne sera pas condamnée par l’opinion publique si elle transforme le projet Transavia en succès.

Perform 2020 axé sur l’essor du modèle low cost

Air France a confirmé dimanche sa décision de «faire progresser son modèle économique» sur l'essor du low cost grâce à sa filiale Transavia. Il s’agit pour Air France/KLM d’apporter une réponse à la réalité du marché européen et à la montée en puissance des compagnies low cost qui sont de plus en plus offensives. On a d’ailleurs pu constater, sur les 14 jours qu’a duré le conflit Air France, les pratiques des compagnies low cost, qui n’ont pas hésité à coup d’annonces et autre articles élogieux dans la presse à se manifester tout en faisant monter les prix et d’expliquer que leur modèle économique était basé sur l’offre et la demande.

 

Est-il essentiel de rappeler que dans un contexte de récession, le plan de croissance annoncé par Air France/KLM semble être incontournable à la survie de l’entreprise. Il s’agit de se faire une place sur les segments courts et moyens courriers en Europe.

Revoir à la baisse l’ambition Transavia

En revanche, à la suite de ce conflit, le groupe Air France/KLM va devoir revoir à la baisse ses ambitions européennes, du fait de l’abandon de la création de Transavia Europe et de l'installation de bases pour cette filiale hors de France et des Pays-Bas ce qui privera le groupe franco-néerlandais de la flexibilité dont jouissent les compagnies low cost européennes.

 

Bien que la grève se soit achevée, aucun accord n’a été trouvé entre les pilotes et la direction, la reprise du travail risque de se dérouler dans un climat tendu.