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Politique

Le journal Politico va-t-il faire trembler Bruxelles ?

Publié le 22.04.2015 à 16h29

Mis à jour le 22.04.2015 à 16h29

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Le journal Politico va-t-il faire trembler Bruxelles ?

Le journal pure-player américain Politico a annoncé, hier mardi 21 avril, son intention de se lancer en Europe. Journal d’investigation aux Etats-Unis, qui se dit sans concession et résistant aux pressions venant de tous bords, il s’est fixé comme objectif de faire la lumière sur ce qu’il se passe à Bruxelles, lieu de prise de toutes les décisions affectant les millions de personnes habitant au sein de l’Union Européenne.

Il semblerait que les cibles annoncées du journal ne soient pas réellement ravies de l’arrivée du trublion dans les contrées européennes. Politiques, parlementaires ou encore lobbyistes craignent un dévoiement de la vie politique européenne avec l’arrivée de ce journal qui se veut aller au cœur des évènements européens.

Un business model basé pour partie sur la gratuité

Malgré ces réticences affichées, Politico semble avoir décroché une une prometteuse : le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Pourtant les questions des observateurs se bousculent, notamment sur l’intérêt apparemment soudain de ce journal américain pour la vie politique européenne. La réponse est à trouver du côté de l’Allemagne.

 

En effet, le groupe allemand d’édition Axel Springer, éditeur notamment du journal Bild, a grandement facilité l’implantation de Politico en Allemagne. Rappelons qu’Axel Springer a été en conflit avec Google sur ses règles de référencement dans Google Actualités notamment à cause de la demande d’Axel Springer à Google de payer des droits de propriété intellectuelle pour continuer à diffuser des extraits de ses quotidiens (une baisse drastique de la redirection vers les quotidiens du groupe allemand à partir de Google Actualités avait alors fait plié Axel Springer, qui avait renoncé à ses revendications). Google qui, par ailleurs, constitue une cible de choix depuis quelques temps pour Bruxelles.

 

Il n’en reste pas moins que les ambitions de Politico semblent clairement établies. Basé sur un business model où une partie des contenus est en libre accès gratuit, le journal se rattrape en proposant des « lettres sectorielles » et payantes, à destination de « sociétés, organisations politiques et associatives, groupes et lobbies, partis politiques ». Ce modèle a déjà fait ses preuves avec la version américaine de Politico.