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Economie

Le marché des drones de combat estimé à 10 milliards de dollars

Publié le 22.04.2016 à 16h18

Mis à jour le 26.04.2016 à 9h50

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Le marché des drones de combat estimé à 10 milliards de dollars

Les drones de combat, souvent remis en cause pour les dommages collatéraux qu’ils engendrent, intéressent pourtant beaucoup les industries et les Etats qui y voient un marché financièrement prometteur. Le marché des drones de combat est aujourd’hui dominé par les Etats-Unis. L’Europe a lancé son projet Neuron, un démonstrateur de drone de combat furtif qui regroupe de grandes industries européennes sous l’égide de la Délégation Générale pour l’Armement.

Pour lutter contre le resserrement des budgets militaires, la plupart des armées dans le monde se sont dotées de drones militaires. Le marché des drones de guerre est estimé à environ 10 milliards de dollars d’ici 2024, pour environ sept milliards de dollars aujourd’hui.

 

Si les drones permettent de ne pas mettre en danger de pilotes et de voler longtemps sans ravitaillement pour certains, ils coûtent aussi beaucoup moins cher que les avions de chasse. D’après la Cour des comptes américaine, un vol d’une heure pour un drone coûterait 18 fois moins cher que l’équivalent pour un chasseur furtif.

Un vol d’une heure pour un drone coûterait 18 fois moins cher que l’équivalent pour un chasseur furtif.

Mais le coût de la logistique des drones est important. Le drone Predator, par exemple, beaucoup utilisé par l’armée des Etats-Unis, demande l’emploi d’environ 40 personnes en régime de croisière.

Le marché des drones de combat dominé par les Américains

Les Etats-Unis détiennent la première place sur le marché des drones de combat.

« L’engagement au sol est toujours risqué et toujours coûteux. [Barack Obama] préfère s’en tenir à des frappes aériennes, aux forces spéciales et aux drones. C’est pour des raisons d’image politique. C’est très long les contre-guérillas, donc très coûteux. L’aérien convient à la mentalité américaine »

explique David Cumin, spécialiste des relations internationales.

La France souhaite investir pour ne plus dépendre des Américains

La France souhaite elle aussi investir et, selon un rapport de l’Assemblée Nationale,

« ne plus dépendre des Américains ou des Israéliens en matière de drones de surveillance ».

En effet, les fortes productions de drones israéliens et américains (les Etats-Unis souhaitent vendre leurs drones aux nations étrangères) augmentent l’écart avec les concurrents internationaux qui dépendent de ces productions.

 

De plus en Europe, les coûts de développement des drones, estimés à plusieurs centaines de millions d’euros, freinent les investisseurs européens.

Le programme européen Neuron

L’Europe a mis en place le projet Neuron, un démonstrateur de drone de combat  furtif qui se base sur le principe de l’aile volante. Conduit par la Délégation Générale pour l’Armement (DGA), le projet est développé par une alliance européenne incluant:

 

Ce programme européen a divers objectifs de démonstration comme celui de pouvoir tirer des armements à partir d’une soute interne dans des délais très courts, ou bien réaliser une plate-forme furtive. Le programme permet aussi de développer des nouvelles technologies comme la furtivité, le décollage et l’atterrissage automatique ou encore l’insertion dans le trafic aérien.

Les drones de combat français actuels ne sont pas armés

Aujourd’hui, la France ne possède que des drones de surveillance. Ceux-ci permettent de survoler des espaces pour un coût plus faible que celui des systèmes traditionnels de l’Armée de l’Air.

 

Par ailleurs, la France ne détient pas de drones de frappe. Début 2014, les Etats-Unis ont livré à la France deux MQ-9 Reaper, identiques  aux drones utilisés par la CIA et l’armée américaine, à une chose près, ces deux drones livrés ne sont pas armés. Plus discrets, plus efficaces que les Harfang français d’Airbus, ces MG-9 Reaper américains utilisés pendant l’opération Serval au Mali ont « fait changer le paradigme des opérations en bande sahélienne », explique-t-on dans l'Armée de l'Air.

 

Seulement, si la France a toujours renoncé à armer ses drones, Jean-Yves Le Drian estimait en octobre dernier qu’en équiper en armement « est une question [qui] reste posée ». Bertrand Slaski, consultant à la Compagnie Européenne d’Intelligence Stratégique (CEIS), un cabinet spécialisé dans les drones, explique que « cela permettrait de réduire considérablement le fameux cycle OODA [observer-s'orienter-décider-agir] ».