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Le projet d’appellation du Savon de Marseille divise les producteurs

Publié le 03.03.2015 à 13h54

Mis à jour le 03.03.2015 à 13h54

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Le projet d’appellation du Savon de Marseille divise les producteurs

Dans l’attente d’une décision du Secrétariat d’Etat à l’Artisanat concernant le label d’indication géographique protégée (IGP) du Savon de Marseille, les producteurs affichent des désaccords sur le contenu de ce label. Les artisans savonniers estiment ainsi qu’il doit non seulement mentionner le lieu de fabrication mais également le procédé et les composants utilisés.   

Les producteurs traditionnels dénoncent la recrudescence de la dénomination Savon de Marseille pour des produits qui ne répondent pas aux caractéristiques historiques de ce produit local.   

Un savoir-faire ancestral

Les 4 artisans marseillais qui produisent le Savon de Marseille en respectant le savoir-faire traditionnel voient dans le projet de décret d’application d’IGP un ultime recours pour sauver leur activité. Mais ces fabricants ne souhaitent pas simplement la mise en place d’un label géographique, ils réclament également des clarifications quant à la nature du produit.

 

Julie Bousquet-Fabre de la savonnerie Marius Fabre que l’on retrouve parmi les défenseurs d’un label « Savon de Marseille, de Marseille » explique : « Ce mode de production ancestral garantit les caractéristiques notamment hypoallergéniques de ce produit ». 

Des qualités différentes

Les savonniers qui travaillent de façon artisanale produisent chaque année 2000 tonnes de cubes (et de détergents), ce qui ne représente que 10% de la production totale estampillée de l’origine géographique marseillaise.

 

Bernard Demeure, Directeur de la savonnerie centenaire du Fer à Cheval, insiste sur la nécessité de mettre en place un label de qualité précis pour se démarquer face à une concurrence de marchands de souvenirs dont les produits seraient fabriqués à base de savon chinois : « Ils sont bourrés de colorants et ne répondent pas aux critères de notre cahier des charges (…) Mieux vaut pas d’IGP qu’une IGP au rabais qui donnerait raison aux contrefacteurs et diluerait à coup sûr notre savoir-faire ».