|  

Politique

Le Smic revalorisé de six centimes par heure

Publié le 21.12.2015 à 14h34

Mis à jour le 21.12.2015 à 14h34

Par

Le Smic revalorisé de six centimes par heure

La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a annoncé ce lundi une augmentation du SMIC de 0,6 % en 2016. Le Smic concerne environ 2 millions de français.

Au 1er janvier, le salaire minimum atteindra 9,67 euros brut de l’heure, soit six centimes de plus qu’en 2015. Sur la base de 35 heures, le Smic mensuel atteindra 1466,62 euros brut contre 1457,52 euros aujourd’hui, soit une revalorisation mensuelle de 9 euros.

Une revalorisation « automatique » du Smic

Pour 2016, le gouvernement n’ira pas beaucoup plus loin que les recommandations du groupe d’experts économistes pour la revalorisation du Smic, qu’il consulte chaque année pour la hausse automatique du Smic. Cette revalorisation est calculée selon la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier et employé et selon l’inflation hors tabac pour les 20% de ménages aux revenus les plus faibles. Ce calcul de la hausse automatique du Smic aurait mené à une revalorisation de 0,5% au lieu de 0,6%, si le gouvernement avait décidé « de ne pas tenir compte de la baisse de l’indice des prix » pour les 20% de ménages les plus modestes, d’après Myriam El Khomri.

Chaque hausse du Smic augmente les allègements de cotisations à la charge de l’Etat. Une augmentation de 1% du salaire minimum creuserait ainsi le déficit d’un demi-milliard d’euros, selon l’Observatoire français des conjonctures économiques.

Le pouvoir d’achat au centre des réclamations des syndicats

Les syndicats CGT, CFE-CGC, CFTC et FO demandaient un geste pour soutenir le pouvoir d’achat. « C’est affligeant », a réagi le représentant de la CGT à la CNNC, face à la faible hausse du Smic pour 2016. Son syndicat réclamait jusqu’alors un Smic porté à 1700 € bruts minimum.

Marie-Alice Médeuf-Andrieu, de Force Ouvrière, a dénoncé une posture de l’exécutif qui « ne satisfait que la partie patronale », au détriment « des salariés [qui] sont en souffrance ». Elle en a conclu que « leur pouvoir d’achat n’est pas la priorité du gouvernement ».

En réponse, la ministre du Travail a tenté d’expliquer que « pour favoriser le pouvoir d’achat », « l’outil le plus juste reste l’impôt ». La baisse des impôts sur le revenu des ménages les plus modestes sera amplifiée en 2016 avec deux milliards d’euros d’allègements supplémentaires, et l'instauration de la prime d'activité, destinée aux travailleurs modestes, au 1er janvier 2016.