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Economie

Les entreprises françaises en prospection sur le marché iranien

Publié le 21.09.2015 à 14h32

Mis à jour le 21.09.2015 à 14h32

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Les entreprises françaises en prospection sur le marché iranien

Une délégation de plus de 130 patrons français, accompagnés du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, et du secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, Matthias Fekl, s’est rendue ce week-end à Téhéran pour prospecter un futur marché très convoité. Orchestré par le Medef, ce déplacement à dominante économique intervient un peu plus de deux mois après la signature de l’accord intérimaire sur le nucléaire iranien. 

Si ce type de démarche n’avait plus eu lieu depuis 12 ans, son objectif se résume aujourd’hui à une simple exploration afin de nouer des contacts avec les milieux économiques sur place pour bénéficier, le moment venu, de la fin des sanctions qui pèsent sur l’Iran.

Un intérêt économique considérable

Si l’Iran respecte son engagement à démanteler son programme nucléaire militaire, les sanctions commerciales et financières qui lui ont été imposées par l'ONU, les États-Unis et l'Union européenne devraient progressivement être levées d’ici à la fin du premier semestre 2016. C’est ainsi la perspective d’un marché potentiel de 80 millions d’habitants qui se dessine et Matthias Fekl explique que « les opportunités sont nombreuses, il y a une forte demande d’infrastructures, de biens de consommation courante, d’agroalimentaire, de transport, d’énergie ou de santé. »

 

Face à cette projection économique favorable et au besoin colossal de technologies et de capitaux étrangers pour l’Iran, ce sont donc plus de 130 entreprises françaises qui ont fait le déplacement à Téhéran ce week-end, dont les mastodontes du Cac 40 comme Total, Renault, Alstom, Engie ou Orange mais aussi des établissements financiers, des cabinets de conseil ou d’avocats.

La levée des sanctions très attendue

Si ce déplacement fait beaucoup de bruit dans le monde économique, il n’est cependant pas encore question de négocier ou de signer des contrats pour les entreprises. L’embargo que subit l’Iran gèle en effet son développement économique, les avoirs à l’étranger d’entités iraniennes sont toujours verrouillés et le pays n’a pas accès aux financements internationaux. Malgré un énorme besoin de capitaux étrangers dans tous les secteurs, l’Iran reste aujourd’hui toujours tributaire de ces sanctions commerciales et financières tandis que le reste du monde guette avec impatience leur levée.

 

« Le risque, c’est l’incertitude juridique du système des sanctions nationales américaines » et notamment le calendrier de leur levée, souligne Matthias Fekl, « une incertitude qu’il faut lever et ne pas subir », précise-t-il. Entre attente, discussions, concurrence et avantages, le futur du marché économique iranien reste soumis à la surveillance et aux spéculations de tous les acteurs mondiaux.