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Thales perd l’appel d’offres des drones tactiques contre Sagem

Publié le 02.02.2016 à 22h55

Mis à jour le 02.02.2016 à 22h55

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Thales perd l’appel d’offres des drones tactiques contre Sagem

Thales et Sagem, deux grands noms en termes d’aérospatial et de mécanique, ont été les principaux intéressés dans une course au contrat afin de changer les drones tactiques de l’armée française. Sagem en ressort gagnant, avec un drone qui séduit par ses performances.

Le Watchkeeper, drone de Thales, et le Patroller, drone de Sagem, se sont ainsi disputé un contrat de quatorze avions sans pilote. Ce contrat s’est joué sur plusieurs critères comme par exemple les performances sur le terrain ou encore le taux de fabrication française des drones.

Thales détrôné    

L’armée française avait pour volonté de changer ses anciens drones, des Sperwer conçus par le groupe Sagem. Les équipements de l’armée n’étaient ainsi plus assez performants vis-à-vis des attentes et contextes militaires. 

Un appel d’offres a ensuite été lancé et deux emblèmes de la mécanique tactique ont montré leur intérêt pour le projet. Le contrat mis en jeu était de 300 millions d’euros et promettait la livraison de 14 drones, dont 4 pour l’entraînement et la formation, à partir de 2018. 

 

Lorsque la France a décidé de renouveler son parc de drones à l’été 2014, l’équipement de Thales était prédit comme grand favori. Inscrit dans le traité de Lancaster House signé en 2010 par Paris et Londres, cet accord mentionnait la possibilité de l’armée française de s’équiper en Watchkeeper. Il s’agissait donc d’un accord franco-britannique qui a finalement été annulé suite à la protestation de Sagem, concurrent direct qui produisait également son propre drone. La compétition s’est ainsi ouverte entre les deux groupes.

Des enjeux économiques et de performances    

Après deux ans de compétition, le verdict est finalement tombé, mercredi 20 janvier. Le groupe Sagem a remporté le contrat. Ce dernier s’est joué sous certaines conditions ou plutôt sur certains critères. La performance était l’un des principaux. Une source proche du projet affirme que « Le drone Patroller a gagné le contrat parce que ses performances étaient meilleures. » En effet, sa vision est telle qu’elle permet de distinguer les moindres détails et ce à plusieurs kilomètres. 

Le Patroller permet aussi de prendre en son habitacle un pilote, afin de contrôler les manœuvres programmées. Sa durée de vol est de 14 heures au lieu des 8 prévues dans l’appel d’offres. Le vol peut également être effectué dans un rayon de 150 kilomètres. 

 

Autre point important, la création d’emplois. En effet la fabrication de telles machines permet de créer des emplois au sein de l’Hexagone. Pour ce faire, une bonne partie des pièces ou assemblages nécessite d’être réalisée en France. C’est en ce point que le Patroller s’est distingué du Watchkeeper. Le drone de Thales ne représentait que 10% de la fabrication française, due à sa collaboration avec le Royaume-Uni, contrairement au drone de Sagem qui est fabriqué à 80% en France. 

La hausse prévue est donc de 300 emplois, sur différents sites comme en région parisienne, à Poitiers, Montluçon (en Allier), Dijon et Fougères (Ille-et-Vilaine), selon le groupe Sagem. 

 

Le Watchkeeper se démarque quelque peu de son concurrent puisqu’il est actuellement en services sur les terres afghanes, utilisé par les britanniques, tandis que le drone de Sagem n’a pas encore été utilisé dans des circonstances réelles, seul bémol pour ce drone.