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Total poursuit sa « politique de reconversion industrielle »

Publié le 28.08.2014 à 15h46

Mis à jour le 28.08.2014 à 15h46

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Total poursuit sa « politique de reconversion industrielle »

Christophe de Margerie, le PDG de Total, vient d’annoncer une perte de 500 millions d’euros dans le raffinage en France. Le groupe pétrolier qui s’était engagé à ne pas fermer de sites en France jusqu’en 2015 va devoir réduire ses capacités dans l'Hexagone et poursuivre une politique de reconversion industrielle.

Dans un entretien accordé au journal Ouest-France, Christophe de Margerie, le PDG de Total explique que l’activité de raffinage en France n’est pas rentable, il poursuit « notre deuxième trimestre n’est pas terrible. Ce n'est tout simplement pas durable! Ces pertes sont structurelles et se répètent chaque année. Ce n'est pas parce qu'une entreprise comme Total a des moyens importants qu'elle doit financer des foyers de pertes ».

De nouvelles restructurations en France

Les activités de Total couvrent l'ensemble de la chaîne de production, de l'extraction du pétrole brut et du gaz naturel à la création d'énergie, le raffinage et l'exploitation commerciale. En France, c’est le raffinage qui pose problème à l’entreprise, après avoir perdu 500 millions d’euros en 2013, cette année les pertes seront dans « les mêmes ordres de grandeur », déclare-t-on au sein du groupe.

 

Christophe de Margerie poursuit : en « France, Total perd énormément d’argent toutes activités confondues. Mais sur le raffinage, les pertes sont mêmes supérieures à tous les gains faits dans l’Hexagone ». Conséquence, « nous n’avons pas d’autre choix que de bouger. Cela veut dire qu’il y a encore des adaptations à faire sur les sites de Total en France ».

 

Ces dernières années, les restructurations se sont enchaînées en France. En 2010, Total a fermé la raffinerie de Dunkerque dans le Nord, le groupe a par la suite investi à Gonfreville en Seine-Maritime et à Anvers (Belgique) pour réorienter sa production vers le diesel pour se rapprocher de la demande.

Une crise structurelle qui n’en finit pas

Selon le président de l’Union française des industries pétrolières, Jean-Louis Schilansky, il s’agit d’une crise structurelle. Il explique que « L’Europe est prise en tenaille : les Etats-Unis ont un avantage de prix sur le pétrole et le gaz et les raffineries se développent en Asie et au Moyen-Orient, ce qui ferme des marchés aux raffineurs européens ».

 

Par ailleurs, des efforts en matière d’efficacité énergétique réduisent la demande de produits pétroliers, les livraisons de carburants en France ont baissé de 5 % en 2013 par rapport à l’année précédente obligeant les opérateurs français à limiter leur capacité de production.