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Innovation

Un « super garage » pour faire émerger en force un nouvel écosystème d’e-santé français 

Publié le 26.09.2016 à 9h00

Mis à jour le 30.09.2016 à 14h58

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Un « super garage » pour faire émerger en force un nouvel écosystème d’e-santé français 

Évalué à 2,7 milliards d’euros en 2014, avec une estimation de progression de 4 à 7 % d’ici 2017, le système français de l’e-santé n’en est qu’à ses balbutiements. Présageant que la santé mobile pourrait faire économiser, à l'échelle européenne, près de 100 milliards d’euros au portefeuille des dépenses publiques, des initiateurs d’incubateur de start-ups se sont alliés à des investisseurs, afin de mettre le paquet pour contourner les freins à l’innovation et donner des ailes à ce secteur prometteur. Le Big Data apparait donc comme une réelle aubaine, un « super-garage » pour le développement du secteur de l’e-santé en France.

L’e-santé permettrait de répondre à de nombreux défis du système de santé français

Il s’agit d’un développement prioritaire – voire crucial – car 32 % des brevets déposés en 2013, par des concepteurs d’objets connectés, concernent la santé.
S’appuyant sur les constats d’études concernant les habitudes numériques des médecins et de leurs patients, quelques d’innovateurs intensifient leurs actions « d’ubérisation » ou de numérisation pour mettre sur les rails une nouvelle économie. Ils s’efforcent de cultiver un ambitieux projet d’écosystème de start-ups. Ils concoctent leurs stratégies en s’entourant de partenaires futés, tels que Wellfundr et Watson Health d’IBM. Le tout pourrait conduire tout droit à une transformation profonde des pratiques dans le domaine de la santé...

 

Le système de santé français fait face à des défis de taille. La pérennité des prestations de soins de santé demeure une source d’inquiétude, en raison de la combinaison de plusieurs facteurs. La prévalence des maladies chroniques ne cesse de croître, alors que les soins dispensés à une population vieillissante, également en croissance, monopolisent des pans considérables au sein des enveloppes budgétaires des instances gouvernementales. Des contraintes budgétaires et un manque de ressources ont créé un scénario médiatisé, qui pourrait freiner les dirigeants gouvernementaux à répondre à la demande accrue de soins de santé. Les parties prenantes recherchent des solutions pour rendre le système de santé plus durable et améliorer la santé des citoyens.

La santé 2.0 pourrait permettre d’améliorer ainsi la qualité des soins et contribuer à la prévention en matière de santé publique tout en assurant une meilleure gestion des dossiers de l’assurance-maladie. 

Les objets connectés demeurent largement sous-utilisés en médecine

Seulement 5-8 % des patients français reçoivent une recommandation de leurs médecins pour utiliser des objets connectés. Ce pourcentage tranche fortement avec le haut niveau d’utilisation et de familiarité avec les mobiles des Français. 94 % des médecins français utilisent leurs smartphones à des fins professionnelles. Quant à l’usage des tablettes numériques, celui-ci serait en forte progression dans le champ médical. Ces statistiques proviennent de l’Observatoire des usages numériques en santé, qui a publié un second baromètre Vidal, se penchant sur les usages du smartphone par les médecins, en association avec le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM).

 

« Les outils mobiles sont désormais ancrés au cœur de la pratique quotidienne des médecins, comme elle l’est de plus en plus dans la vie quotidienne des patients » 

souligne Jacques Lucas, vice-président du CNOM, délégué général aux systèmes d’information en santé.

 

Vous pouvez visionner ici une interview avec Jacques Lucas. Il ressort de la seconde étude Vidal que les médecins sous-estiment largement la capacité de leur clientèle à accueillir favorablement les dispositifs connectés.

Un nouvel écosystème pointe vers l’ubérisation des soins de santé

Un sondage réalisé en janvier 2016 auprès des lecteurs de What’s Up Doc, magazine pour jeunes médecins, a révélé que 71 % des médecins jugent la médecine « ubérisable » et entrevoient qu’elle pourrait être digitalisée.

« Cela ne veut pas dire que le médecin sera supprimé »

explique Fabrice Nabet, président fondateur de Wellfundr, un accélérateur de projets du domaine de la santé mobile et connectée.

Dédié aux professionnels de la santé, HealthSharp favorise l’innovation en s’adressant aux contraintes et besoins des médecins.

  • 56 % des médecins interrogés ont estimé que le manque de temps s’avérait un des principaux freins à la matérialisation de leurs idées.
  • 46 % des médecins répondants ont souligné le manque de compétences techniques et l’impossibilité d’aplanir ces manquements dans leur entourage.
  • Pour 31 % des participants, le manque d’expertise concernant le financement en démarrage d’entreprise les empêchait de tester leurs idées d’objets connectés.
  • Par ailleurs, 17 % ont indiqué qu’ils éprouvaient des doutes par rapport à la validité de leurs idées et projets.

 

«L’objectif, c'est de leur donner la possibilité de prendre en main la révolution de la santé mobile et connecté en développant les idées qu'ils peuvent avoir, mais qu'ils n'ont pas forcément le temps ou les moyens de réaliser », a indiqué Fabrice Nabet.

 

HealthSharp a mis en route son projet d’incubateur après avoir constaté que 53 % des jeunes médecins ont eu l’idée d’un projet de santé mobile et connectée. Le branle-bas de combat initié par HealthSharp a donné lieu à un regroupement de plusieurs partenaires financiers, la mise en place d’une plate-forme de financement participatif, d’outils techniques ainsi que d’un accompagnement juridique.

Tout faire converger pour qu’un écosystème d’entreprises émerge et s’épanouisse

Pour favoriser l’émergence d’un maximum d’entreprises en e-santé et les outiller au mieux, HealthSharp propose une brochette complète de services d’accompagnement et de soutien, allant du financement du projet au prototype industriel.

«Avant de pouvoir lancer une idée et s'entourer de compétences techniques il faut pouvoir les rémunérer », 

souligne Fabrice Nabet.

Le fait d’avoir intégré le financement participatif au cœur de cet écosystème procure l’avantage de vérifier s’il existe véritablement une appétence pour le produit connecté auprès d’utilisateurs potentiels.

 

En plus de s’être rallié l’appui de Wellfundr, HealthSharp collabore étroitement avec IBM, et en particulier la branche américaine Watson Health créée en 2011. Ayant pour philosophie de mettre ses outils de système cognitif et d’intelligence artificielle à la disposition des start-ups et industries pharmaceutiques, Watson Health cherche à capturer ainsi un maximum d’informations. Cet embranchement d’IBM, par ses collaborations à fournir les possibilités à l’écosystème émergent, vise le développement de solutions nouvelles.

 

En comprenant mieux ce qui se passe avec le patient, les professionnels de la santé seront ainsi en mesure de poser de meilleurs diagnostics, établir de meilleures prescriptions et effectuer des suivis plus adaptés aux besoins de leurs clientèles. HealthSharp est un « super garage », affirme avec enthousiasme Pascal Sempé d’IBM Watson Health, où foisonnent des idées novatrices dans un bichonnage particulièrement attentionné de start-ups !