Peut-on se passer d’une formation au management ?

28.01.21
Une équipe soudée par son manager.

Diriger et guider une équipe demande de nombreuses qualités et compétences. Si certaines qualités sont parfois naturellement présentes pour les leaders nés, les compétences demandent à être acquises et renforcées tout au long d’une carrière.

Comment reconnaître un bon manager ?

Voilà bien une question que tout un chacun s’est posé au moins une fois en découvrant le monde de l’entreprise, mais sans forcément trouver de réponse satisfaisante. A vrai dire, même lorsque l’on occupe une position hiérarchique élevée au sein d’une société, il est sain de s’interroger sur la définition du bon manager, de manière à se comparer à ce maître-étalon, et travailler ensuite sur ses propres points faibles.

Soyons clairs, le manager « parfait » n’existe pas, mais certains cochent davantage de cases que d’autres

  • Un bon manager est apprécié et respecté, de ses équipes comme de sa propre hiérarchie.
  • Il sait se positionner en meneur, en étant capable de motiver ses collaborateurs (-trices), de fédérer autour de buts partagés, et de communiquer avec tact et efficacité.
  • Il dirige une équipe de main de maître pour que chacun de ses membres adhèrent à la vision de l’entreprise, d’une part, et qu’ils puissent « grandir » sous son leadership tout en atteignant les objectifs ciblés.

On le voit, ce profil implique qu’un bon manager sait tout d’abord fixer des objectifs – réalistes et ambitieux, dans le cadre de la fameuse démarche SMART – et organiser le travail de ses collaborateurs tout en évaluant quasiment en temps réel les résultats obtenus, grâce à des tableaux de bord.

Au-delà de cette première approche gestionnaire, la prise en compte du facteur humain est essentielle, et le manager doit tout à la fois prêter une oreille attentive à son équipe, à ses pairs et au top management, tout en relayant les informations pertinentes entre ces différents niveaux hiérarchiques, d’une façon aussi rapide et pertinente que possible.

De surcroît, un bon manager est capable de motiver ses « troupes » au travers de récompenses qui vont répondre à notre besoin inné de satisfaction face au travail bien accompli, sans oublier bien sûr les formations qui permettront aux collaborateurs d’accroître leur niveau de compétences (et leur employabilité).

N’allez pas croire qu’un bon manager n’est qu’une « courroie de transmission » entre les instances dirigeantes et les « petites mains » au sein d’une entreprise, ou bien un « outil » de contrôle pour « fliquer » les salariés. Ce sont ces deux visions simplistes qui ont conduit à de nombreux burn-out.
Bien au contraire, un bon manager se reconnaît à sa capacité d’adaptation, face à des injonctions parfois contradictoires. Tantôt, il faudra savoir dire non à un collaborateur parce que cette renonciation favorisera la réalisation des objectifs de l’entreprise, mais tantôt, c’est la qualité de vie au travail qui devra absolument être préservée pour ne perdre personne en chemin.

Parvenir à un tel équilibre n’a rien d’évident, et de nombreux managers sont souvent dans le doute face à leurs propres compétences ; le management implique désormais de transmettre aux équipes un message qui les motive, d’être « porteur de sens » pour dire les choses autrement. Bien sûr, cela n’est pas simple, et une formation en management peut alors s’avérer très utile pour appréhender ces défis du quotidien avec davantage de sérénité.

Manager une équipe, est-ce inné ?


Vous entendrez parfois dire « ce manager est un leader né ! », et de fait, certaines personnes sont indubitablement plus à l’aise que d’autres avec la responsabilité qui découle du management, notamment lorsque l’aspect émotionnel entre en ligne de compte. Ainsi, des managers éprouvent fréquemment de la difficulté pour faire participer leurs collaborateurs plus activement, ou inversement pour leur dire non. Mais est-ce à dire que manager une équipe ne peut s’envisager que pour un homme ou une femme ayant un tempérament naturel d’autocrate ?

A vrai dire, si tel était le cas, il n’y aurait qu’un seul style de management à prescrire, or ce n’est clairement pas ce que l’on observe. Ainsi, il est très important de ne pas confondre « manager » et « chef », car ce dernier se contente de donner des ordres et d’observer les résultats. Face à une situation de crise, une telle démarche peut faire sens, mais dans le cadre d’un fonctionnement normal, elle peut rapidement se révéler contre-productive. Les équipes veulent pouvoir se sentir quelque peu autonomes, et elles ont souvent besoin de précisions sur les objectifs visés afin de mieux les partager, or une approche autocratique ne le leur permet généralement pas.

Mieux vaut donc privilégier un management à la fois bienveillant et appréciatif, c’est-à-dire qui vise à rendre les collaborateurs heureux d’œuvrer pour le bien commun de l’entreprise, tout en valorisant le travail bien fait. Or la bonne nouvelle pour toutes celles et tous ceux qui ne se sentent pas l’âme d’un chef de guerre, c’est que ce type de management s’apprend, et qu’il n’est pas nécessairement inné. A vrai dire, presque personne ne sait comment trouver le bon « dosage » entre management autonome, démocratique et plus autoritaire, ni entre la séparation entre relation professionnelle et l’affect d’un lien personnel dans le cadre d’un management bienveillant.

Chaque membre de l’équipe peut avoir des besoins fondamentaux et des valeurs différentes. Le manager doit les détecter et les connaître pour nourrir ces besoins et ne pas empiéter sur ces valeurs. Cette connaissance de l’agilité comportementale favorise grandement la qualité du management, et apporte de la cohésion dans les équipes.

Aucun type de management n’est intrinsèquement mauvais, à l’exception de celui dit « théocratique » et qui implique que le manager se place dans une position d’omniscience quasi-divine. Si l’on exclut cet extrême, donc, un bon manager est une personne capable de jongler entre les différents types de management en fonction de son public, d’une part, et des circonstances d’autre part, et cela s’apprend dans le cadre de formations dédiées.

Comment peut-on devenir un meilleur manager ?


Ainsi que nous l’évoquions précédemment, avoir un tempérament de leader ne suffit clairement pas, et pour être un bon manager, il convient de développer et de renforcer plusieurs compétences-clés tout au long de sa carrière. Car, ne l’oublions pas, être un bon manager constitue d’abord et avant tout une manière d’être, sur laquelle il faut constamment travailler.

L’un des socles fondamentaux sur lesquels s’appuyer pour devenir un meilleur manager peut paraître simple, mais il est souvent oublié. Il s’agit de la capacité d’écoute des collaborateurs, des autres managers, et de la Direction. En effet, pour agir avec un maximum d’efficacité, encore faut-il connaître tous les tenants et aboutissants d’une situation, or cela passe forcément par une écoute attentive. De surcroît, grâce à elle, vous pourrez mieux connaître les membres de votre équipe, et donc cerner plus précisément leurs motivations respectives (au-delà du salaire, bien sûr). Or pour bien écouter, il convient aussi de rester accessible, de se montrer disponible, même si cela peut sembler complexe avec des agendas surbookés.

Ensuite, n’oubliez pas que des objectifs ne seront partagés et acceptés que s’ils n’apparaissent pas utopiques ; charge au manager de mettre les moyens en face pour ne pas perdre la sacro-sainte motivation dans son équipe (en priorisant certaines actions, par exemple, ou en réaffectant les tâches entre les collaborateurs).
Dans le même ordre d’idée, nous avons tous nos mauvais jours, mais il est crucial qu’un manager n’infantilise pas ses collaborateurs car cela reviendrait à leur manquer de respect ; le self-control est un allié précieux, et il se travaille, tout comme la création d’un esprit d’équipe qui donne envie de venir au travail (ou de se mettre devant son écran chez soi pour réellement faire quelque chose de productif, en ces temps de COVID-19).

Pour atteindre ses propres objectifs, un manager ne doit surtout pas hésitez à améliorer son sens du leadership, notamment au travers de formations. Elles peuvent comporter des modules sur la prise de décision, l’art de dire « non » sans démotiver, ou bien plus basiquement la délicate prise de parole en public qui constitue un vrai cap à passer pour bon nombre de managers débutants.
En tout état de cause, si un manager se sent en difficulté, il doit impérativement le faire savoir et demander une formation ou un coaching particulier, car s’enfermer dans le silence ne fera qu’aggraver la situation sur le moyen-long terme.

Une formation au management, soit, mais de quel type ?


Le management n’est pas inné. Se sentir à l’aise dans la position de leader ou dans la prise de parole en entreprise peut l’être, mais ce ne sont que de petites fractions de la mosaïque de talents d’un manager moderne. Il existe donc différents types de formation pour se sentir plus à l’aise dans cette position.

On pense ici notamment à la formation initiale et à la formation continue, proposée par des établissements aussi prestigieux que HEC, EM Lyon / CCI, ou bien encore Polytechnique et les Instituts d’Etudes Politiques (Science-Po).
En tout cas, veillez à choisir une formation certifiante, pour deux raisons principales : d’abord, si vous obtenez votre diplôme, vous vous sentirez véritablement en confiance car vous aurez été évalué de façon objective par des professeurs compétents dans leurs domaines, et ensuite, parce que vous augmenterez votre employabilité. Une formation certifiante au management sur un CV constitue en effet un plus indéniable aux yeux des recruteurs.

Reste la question du financement, car ces formations sont souvent coûteuses ; intéressantes, passionnantes même, et très utiles, mais plutôt chères. Alors, bien sûr, vous pouvez mobiliser votre CPF, mais puisque votre entreprise a également tout à gagner à ce que vous soyez plus à l’aise dans le rôle de manager, il ne vous coûte rien de solliciter une participation de sa part. Souvent, et moyennant un engagement à rester pendant un laps de temps donné au sein de la société – pour éviter qu’elle ne vous ait formé au profit d’une autre entreprise – les Commissions de GPEC (Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences) acceptent ce type de dossier.

 

Crédit photos : krakenimages, Chandra Putra, Smartworks Coworking