Infos et analyses du dynamisme économique des territoires


Le dynamisme économique régional en France reflète ses disparités territoriales, démographiques et structurelles. Ainsi, héritière d'une République centralisée et fortement dépendante des échanges internationaux, la région Île-de-France tient le haut du classement économique, très loin devant le reste de la Métropole, sans parler de l'Outre-Mer.

Ces disparités régionales mettent en exergue un défi de développement des infrastructures de transport qui pénalisent aujourd'hui l'unité et le développement économique des régions : un enjeu crucial pour les 15 années à venir.













L' Île-de-France, ou le poids central de la République

Avec 620 milliards d'euros par an, l'Île-de-France représente 30% du PIB de la France, concentré sur seulement 2% du territoire. Ce fait est très représentatif de la centralité économique de la France : les sièges sociaux s'y concentrent encore beaucoup avec 29 des 31 plus grandes entreprises. Le maintien des sièges sociaux des entreprises internationales en Île-de-France est d'ailleurs un enjeu majeur pour les échanges commerciaux.
C'est aussi la région européenne la plus puissante, avec 4% du PIB de l'Union Européenne et la troisième mondiale derrière Tokyo et New York. Elle dépasse de plus du double le PIB de la 2e région de France, Auvergne-Rhône-Alpes et 3 fois la 3e, la Nouvelle-Aquitaine.

Cela se traduit en termes d'emplois par un poids de 25% avec environ 6 millions de travailleurs. Cependant, sa dette représente 141% de ses recettes en 2015, et les dépenses ne sont pas près de s'inverser. La région nécessite en effet de nombreux et coûteux investissements dans ses infrastructures, notamment les transports, pour lesquels 800 millions d'euros d'investissements seraient nécessaires dans les 10 prochaines années pour rénover le réseau ferré régional, sans compter le projet du Grand Paris Express estimé à 25 milliards €.


C'est le secteur industriel qui dope l'économie de l'Île-de-France : c'est le premier bassin d'emploi industriel, avec une forte présence de l'aéronautique et de l'automobile. Le deuxième atout de la région est son attrait touristique, avec près de la moitié de la fréquentation nationale, soit 46 millions de touristes. Le tourisme d'affaires est en constante progression, générant plus de 5,5M€ de retombées économiques. C'est la première destination mondiale, qui voit cependant sa position remise en cause par les questions de sécurité et de santé, comme la plupart des autres grandes capitales où la pollution est largement présente.

Les régions en pointe issues du redécoupage de 2014 : l'enjeu du dépassement des inégalités territoriales

Le redécoupage des régions a donné naissance à deux nouveaux poids lourds de l'économie régionale. L'Auvergne-Rhône-Alpes, désormais 2e région de France, affiche un dynamisme à l'échelle européenne – 4e région en termes de brevets, 25% des pôles de compétitivité européens, des secteurs porteurs comme la santé et les biotechnologies – mais devra dépasser le défi de la répartition des richesses. L'Auvergne, territoire plus rural, moins peuplé et moins industrialisé, devra être reliée aux nouvelles métropoles de Lyon et Grenoble par une infrastructure de communication adéquate. Les déplacements ont toujours constitué un frein au développement économique de cette région – plus de 2h30 en train pour aller de Clermont-Ferrand à Lyon – l'Auvergne attend donc de cette fusion avec Rhône-Alpes de nouveaux financements. Ils permettront la réalisation de la ligne grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon et l'achèvement de l'A89 pour espérer, après 2030, suivre le décollage de son épicentre.  En attendant, c'est le poids agricole de cette région qui prédomine, en nombre d'exploitations et en présence industrielle avec le 4e semencier mondial, Limagrain. Les synergies avec Rhône-Alpes devraient permettre un fort développement, en particulier de la filière des biotechnologies.

Le poids rural de la Nouvelle-Aquitaine est également prédominant, avec le même enjeu de répartition des richesses. Les créations d'emplois sont encore très concentrées autour de Bordeaux et son littoral. Comme pour les autres régions, ce sont les infrastructures de transport qui doivent permettre un développement économique harmonieux, avec un renouvellement des réseaux ferrés régionaux et des liaisons à grande vitesse avec les autres métropoles régionales. Le vieillissement de la population de la Nouvelle-Aquitaine prépare à l'émergence de la silver economy. Toutefois, des bases économiques fortes sont présentes en agriculture et forêts, en industrie aéronautique et spatiale avec des entreprises leader dans leur secteur : Dassault Aviation, Thalès, EADS mais aussi des PME innovantes. On y compte aussi des fleurons industriels comme Schneider Electric ou Legrand.

Agriculture, Industrie et Tourisme : les trois piliers de l'économie en région

Le redécoupage des régions a bouleversé le classement économique, mais pas les fondements. L'économie des régions repose sur trois piliers en synergie : agriculture, industrie et tourisme.

La Bourgogne-Franche-Comté ou le Centre-Val-de-Loire restent parmi les régions les plus riches en alliant agriculture et industrie. A chaque région ses piliers économiques : Peugeot-Citroën, Alstom, Yoplait pour la première, et pour la seconde, une tradition de l'industrie de luxe qui connait un succès grandissant à l'international (Dior, Guerlain, Pierre Fabre ou encore Lancaster).

La Normandie peut s'appuyer sur son image de marque à l'étranger, et sur sa forte implantation industrielle : dans l'énergie avec le raffinage, le nucléaire et trois parcs éoliens offshore, l'automobile et l'aéronautique, mais aussi la construction navale et l'agroalimentaire. Cependant c'est une des régions ayant le plus souffert de la crise et le secteur tertiaire y est peu développé, du fait d'une faible dynamique démographique. La reprise sera donc plus longue à venir.


En Bretagne, malgré quelques affaires très médiatisées de fermeture (Gad, Doux…) le chômage est moins élevé qu'ailleurs. C'est la première production agricole française, et la première région de pêche. Moins connus du grand public, les pôles d'excellence de la Bretagne reposent sur la recherche et le numérique autour de la mer (hydroliennes connectées, biotechnologies marines, construction et réparation navale…). C'est en s'appuyant sur ces domaines d'avenir que la Bretagne pourra transformer son économie et assurer sa pérennité. Bretagne et Normandie restent toutes deux des destinations touristiques importantes, ce qui complète leur attractivité économique.

Les régions frontalières conservent une économie tournée vers l'étranger, mais malgré les emplois trans-frontaliers, elles sont fortement touchées par le chômage, comme en Occitanie ou dans le Grand-Est. Les régions PACA et Corse quant à elles, reposent principalement sur leur économie touristique très importante. Cela soumet ces régions à la conjoncture internationale et ne garantit pas toujours à leurs habitants un juste retour : 20% des corses vivent sous le seuil de pauvreté, malgré les richesses de l'Île de Beauté.

Ce panorama ne doit pas faire oublier que certaines régions demeurent en difficulté avec des taux de chômage élevés, comme en Outre-Mer (20 à 30%) ou dans les Hauts-de-France (12,5%) qui reste la région métropolitaine la plus pauvre. Tout reste à faire pour développer l'économie de cette région, grâce à la frontière belge, au grand port de Dunkerque et à la liaison avec l'Île-de-France – à condition là encore, de développer les infrastructures de transport, qui demeurent un problème récurrent pour le dynamisme économique de nos régions.

Les données clés des entreprises françaises

Nombre total d'entreprises
9 432 912
entreprises
Répartition par taille d'entreprises
Chiffre d'affaires cumulé
5 454 720 M€
 
Effectif cumulé
15 600 001
employés

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