Vente à distance, par correspondance

Entreprises de l'activité "Vente à distance, par correspondance" par département

Exportez votre liste d'entreprises

En savoir plus

Vente à distance, par correspondance - les données clés

Nombre total d'entreprises
87 318
entreprises
Nombre de créations au cours des 6 derniers mois
Effectif moyen
4
employés
Parité Homme/Femme

Le secteur de la vente à distance par correspondance en France

Alors que le nombre de personnes connectées à Internet ne cesse de croître, le commerce en ligne connaît un mouvement similaire, et celui-ci s’est significativement accentué au cours des 10 dernières années. Lorsque l’on songe aux capacités logistiques d’Amazon, ou à l’utilisation de l’Intelligence Artificielle par Alibaba, nul doute que l’on a parcouru bien du chemin depuis les pionniers de la vente à distance par correspondance.
Pour autant, toutes ces entreprises sont réunies par l’INSEE sous une même codification – avec le code NAF 4791 – et il s’agit d’un secteur en pleine ébullition, notamment du fait de la révolution digitale en cours. Les termes tels que « click-and-mortar » ou « pure players » peuvent vous paraître obscurs, mais ils sont de plus en plus souvent utilisés en dehors des cercles de spécialistes du commerce de détail, et il nous paraissait donc pertinent de faire un faire un point sur l’ensemble de ces activités.

De la vente sur catalogue papier aux plateformes e-commerce


Selon l’INSEE, la classe 47.91 regroupe l’ensemble des activités de commerce de détail à distance, c’est-à-dire aussi bien par correspondance que via Internet.
Le consommateur sélectionne tout d’abord les produits qui l’intéressent au travers de catalogues, d’informations disponibles sur le site Web du commerçant, ou bien encore de modèles et de prospectus publicitaires.
Ensuite, la commande s’effectue sans contact physique, par courrier, par exemple, mais aussi au travers du téléphone, et, de plus en plus souvent, sur le Web. Les produits ainsi achetés sont alors envoyés au client pour qu’il puisse les réceptionner physiquement, ou bien les utiliser après téléchargement.

Plus d’un siècle de vente par correspondance

Lorsque l’on aborde l’historique de la vente à distance en France, il apparaît tout d’abord que celle-ci a véritablement vu le jour à partir du milieu du XIXème siècle, concomitamment à l’émergence des catalogues modernes, tels que celui de Printemps en 1871. Le succès sera rapide, et à la veille de la Première Guerre Mondiale, jusqu’à 30% du chiffre d’affaires de certains grands magasins découlera de la vente par correspondance (VPC).

Après l’intermède de la Grande Guerre, les « Années Folles » seront de nouveau propices à la VPC, La Redoute apparaissant en 1922, la Blanche Porte en 1925, et Les Trois Suisses au tout début des années 1930.

La Seconde Guerre Mondiale apporte un nouveau coup de frein au secteur, bien sûr, mais la reconstruction permet un essor sans précédent de la VPC, La Camif étant lancée en 1947, Maty en 1951 – pour l’horlogerie – et Damart suivant peu après.

Au tournant des années 2000, la plupart des success-stories citées ci-dessus ont cependant dû faire face à de sérieuses difficultés, car ne parvenant pas à concilier leur activité « traditionnelle » avec l’émergence des nouveaux usages liés à l’Internet.
En contre-exemples, la Redoute a su prendre ce « virage » à temps, tout comme Damart d’ailleurs, cette célèbre entreprise de Roubaix réalisant encore, il y a peu, près de la moitié de son chiffre d’affaires par la vente par correspondance, quitte à créer de nouvelles marques pour rajeunir son image.

Pour autant, le modèle de la VPC par catalogue papier a vécu, et toute bonne stratégie commerciale actuelle se doit d’inclure le Web parmi les canaux de ventes. D’ailleurs, une approche omnicanal constitue aujourd’hui la solution la plus pertinente.

La révolution du commerce en ligne

Le concept des “bricks and clicks », également appelés « click and mortar », est relativement simple à appréhender – il s’agit pour les entreprises disposant d’un point de vente physique, en « brick and mortar » pour reprendre le terme anglo-saxon, d’accélérer le développement de leur chiffre d’affaires grâce aux ventes en ligne, via les « clicks » des clients. De très nombreuses entreprises, de tailles diverses et de secteurs d’activité très variés – du bricolage, avec Castorama, à l’électroménager, avec Darty, par exemple – se sont ainsi lancés dans le « click and mortar ».

En parallèle, le commerce en ligne en France – qui représente un volume de transactions annuelles de près de 100 milliards d’euros – a vu l’émergence de nombreuses plateformes spécialisées, ne disposant parfois d’aucun magasin physique ; ce sont ces sociétés que l’on appelle les «pure players».Parmi les leaders, comment ne pas citer le géant américain Amazon, talonné dans l’Hexagone par Cdiscount. Qui plus est, les performances deShowroomprive.com, Rakuten (Price Minister), ou bien encore LDLC et Rue du Commerce méritent également d’être mentionnées.

L’analyse du top 20 en CA du secteur en France pour 2018, se révèle intéressante. Elle permet ainsi de constater que le podium se compose de Showroomprive.com (avec plus de 600 M€), du groupe LDLC (447 M€), et de Damart. Suivent Rue du Commerce (Carrefour Omnicanal), Bonprix, Atlas for men (et Atlas for Women) qui pour ses 20 ans a sorti une nouvelle version de son site, Afibel, Nexway, Françoise Saget, et Reder. Nespresso France arrive en 11ème position, et précède le spécialiste des repas minceur Comme j’aime, puis arrivent Becquet, Kalidea, Privatesportshop, Comparex France SAS, Maty, Movitex, Komansky. Le fameux Télé Shopping ferme la marche, à la 20ème position, avec un CA tout de même supérieur à 60 M€.

Un secteur mature appelé à croître encore

Comme évoqué précédemment, le e-commerce représente environ 100 milliards d’euros par an, et parmi les autres statistiques marquantes, il est bon de rappeler que 38,8 millions de Français réalisent aujourd’hui des achats en ligne, dont plus de 13 millions sur leur mobile. Alors, certes, le montant moyen de chaque transaction est orienté à la baisse, et après s’être élevé à quasiment 80€ en 2005, il se situe actuellement autour des 60€. Cependant, cette diminution est à relativiser, car à l’échelle mondiale, la moyenne est encore plus basse, et parce qu'il est plus intéressant de constater que le nombre de transactions par acheter, lui, ne cesse de croître.

Un secteur en croissance qui embauche, notamment dans de petites communes.

Sur l’année 2018, plus de 15% des e-commerçants ont procédé, au minimum, à un recrutement, et cette performance se confirme d’année en année. Avec 182 000 sites marchands, ce sont ainsi près de 10 000 emplois qui ont été créés en 2018, avec des profils recherchés différents en fonction de la taille des entreprises considérées. Pour exemple, les PME sont clairement en quête d’experts du commerce et du marketing, tandis que les plus gros acteurs souhaitent avidement renforcer leurs équipes de logistique. Soulignons aussi que, s’il est trop tôt pour faire un bilan de 2019, le quart des principaux e-commerçants (avec un CA annuel supérieur à 100 000€) se disait prêt à recruter encore.

Ces embauches démontrent sans l’ombre d’un doute que le secteur enregistre de solides perspectives de croissance. Preuve supplémentaire de cette tendance, Cdiscount, par exemple, se porte à merveille, avec plus de 20 millions de visiteurs uniques par mois, et plus de 2 millions d’abonnés au programme « Cdiscount à volonté », contre à peine 1 million deux ans plus tôt. Le fait est que les audiences restent très larges, et que les plateformes de ce type voient avec délectation leur nombre d’abonnés augmenter – or ces derniers dépensent beaucoup plus que les non-abonnés.

Enfin, notons que les perspectives d’embauches précédemment mentionnées sont d’autant plus remarquables qu’elles se situent souvent sur des territoires actuellement peu urbanisés. Très concrètement, près de 50% des e-commerçants choisissent de s’établir dans les communes de moins de 20 000 habitants.

Les points de vigilance : la protection du consommateur et la rentabilité

En l’espace de quelques années seulement, le cadre légal entourant les sites de e-commerce s’est considérablement renforcé.
Bien sûr, il s’agit d’abord d’une excellente nouvelle pour les consommateurs, qui profitent de davantage de transparence et des « bonnes pratiques » en matière de présentation des prix « de base » et des avis des consommateurs.

Parallèlement, le RGPD – pour ne citer que lui – est venu clarifier l’usage des données que peut faire un e-commerçant. En outre, la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) veille au grain pour limiter les risques d’arnaques. Si nul ne peut légitimement s’opposer à ces démarches, qui vont dans le bon sens, le fait est que ce renforcement législatif implique une vigilance accrue de la part des acteurs du marché, avec parfois certains coûts non-négligeables à la clé.

Concernant le niveau de rentabilité du e-commerce , il convient tout d’abord de souligner une hausse marquée du nombre de sites marchands étant dans le vert. En effet, le ratio correspondant est passé de 33% (seulement, pourrait-on dire) en 2017, à 53% en 2018 – voire même 83% si l’on tient compte des sites à l’équilibre.

De surcroît, près de 8 entreprises sur 10 possédant à la fois un magasin physique et un site de vente ont pu constater une hausse de la fréquentation dans leur boutique en « brick and mortar » grâce au Web. Environ 60% des PME relèvent par ailleurs une progression de plus de 10% de leur CA du fait du lancement de leur propre plateforme en ligne, et au travers de la portée mondiale du Web, les e-commerçants exportent cinq fois plus que la moyenne des entreprises hexagonales.

Là où il convient de rester prudent, c’est si l’on observe l’exemple d’Amazon, qui bien qu’un géant, ne parvient pas encore à afficher une rentabilité satisfaisante. En outre, près d’un e-commerçant sur deux n’est toujours pas non plus à un niveau suffisant, à ce jour, du fait d’une véritable guerre de prix, et des coûts de plus en plus élevés pour assurer sa visibilité (SEA, SEO, SMO). La débâcle de la Grande Récré est bien là pour nous le rappeler.
Indéniablement, la monétisation de l’audience et la revente des données clients permettent d’améliorer le CA de certaines de ces sociétés, mais il est difficile de valoriser ces opérations – sans oublier qu’elles doivent bien sûr rester dans le cadre légal.

Menaces et opportunités : l’offensive des marques et l’évolution comportementale des consom’acteurs

La logistique et le SAV représentent aujourd’hui les piliers du secteur, et ces problématiques n’ont longtemps pas été prises en compte par les marques directement, qui préféraient s’en remettre aux plateformes pour les gérer. Cependant, si l’on en croit Marc Lolivier, Délégué Général de la FEVAD (Fédération E-commerce et Vente A Distance), nous assistons au commencement d’une « offensive des marques sur la vente en ligne », or celle-ci aura des impacts significatifs sur l’ensemble du secteur.

Le fait est que de nombreuses marques disposent désormais de leurs propres « online store », à l’instar de Millet notamment.

Parallèlement, les consom’acteurs veulent de plus en plus de transparence, d’une part, mais également trouver le juste équilibre entre le prix proposé et le respect des normes – environnementales, notamment – des vendeurs. Entre l’accroissement exponentiel d’offres « équitables et écologiques d’une part » et la présence de plus en plus de plateformes mobiles aux prix cassés – Wish, Joom, etc. – nous sommes face à un secteur en pleine ébullition.

Bien malin celui qui pourra dire à quoi ressemblera la vente à distance demain, mais une chose au moins est certaine, il s’agit d’une activité en forte croissance, avec de belles perspectives d’emplois à la clé.

Ça pourrait vous intéresser

Des analyses

Ces analyses pourraient retenir votre attention