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Scierie - les données clés

Nombre total d'entreprises
2 941
entreprises
Nombre de créations au cours des 6 derniers mois
Effectif moyen
7
employés
Parité Homme/Femme

La filière bois en France profite nettement de la volonté de développement durable et s’appuie sur des millions de forêts privées courant pas moins de 23 % du territoire national. L’un des maillons essentiels de la chaîne se trouve être les scieries. Souvent adossées à des exploitations forestières, elles opèrent une première transformation des grumes en planches et autres produits semi-finis qui seront ensuite mis en œuvre pour la construction, en menuiserie ou en ébénisterie.

Le secteur d’activité de la scierie est entré dans une période charnière de son histoire, avec l’émergence de nouvelles technologies de pointe venant se combiner au besoin impérieux de respecter la nature et la biodiversité. Ces défis sont majeurs, mais ils pourraient faire de ce secteur un gisement d’emplois significatif pour les prochaines années – voire décennies.

Qu’est-ce qu’une scierie aujourd’hui ?

Selon la définition retenue par le Ministère du Travail, il s’agit d’une usine et/ou d’un atelier, dans lesquels les bois sont transformés depuis des portions de troncs – que l’on dénomme grumes, billes ou billons, en fonction de leurs longueurs respectives – jusqu’en des produits sciés pour divers usages.
Le bois ainsi mis en œuvre sera utilisé au maximum, pour des raisons économiques, mais aussi pour valoriser la ressource. On en fera évidemment des poutres et des planches, notamment pour les charpentes et pour la construction en général, mais aussi des meubles, des parquets, des palettes, …

Bien sûr, les scieries élisent parfois domicile à proximité d’une exploitation forestière à laquelle elles sont rattachées, mais afin de pouvoir être véritablement considérées comme des scieries, il faut qu’elles se trouvent sur un lieu distinct de celui des coupes.
Cela étant dit, les deux tiers des entreprises considérées font l’exploitation de leurs propres domaines, et même les plus petites scieries disposent a minima d’un terrain de 15 000 m².

Compte-tenu du matériel et des infrastructures nécessaires, le niveau d’investissement pour créer une scierie est conséquent.
Enfin, pour s’installer, il convient d’obtenir une carte professionnelle, qui ne peut être remise qu’après inscription au registre du commerce, et vérification par la Commission Régionale de la Forêt et des Produits Forestiers (CRFPF) du bon respect de la règlementation en vigueur.

Quelques données chiffrées


A ce jour, il y a dans l’Hexagone près de 2 900 entreprises répondant aux critères décrits ci-dessus, et méritant donc l’appellation de scieries. La plupart sont d’origine familiale, et il est à noter que 50% de la production française se trouve sur un axe reliant l’Aquitaine à l’Alsace, composé d’une douzaine de départements. Le Jura est assez emblématique d’une région où la filière bois est très présente.

Environ 18 500 salariés travaillent quotidiennement au sein d’une scierie, dont près de 13 500 dans les scieries dites « agricoles », et 5 000 dans les scieries qui dépendent du régime général. En moyenne, chacune de ces exploitations emploie environ 7 Équivalent Temps Plein, tandis que les deux tiers des établissements recensés accueillent un peu moins de 19 salariés.

Dans ce secteur d’activité, les dirigeants et les salariés sont encore très largement majoritairement masculins, même si l’on assiste à une – légère – féminisation depuis ces dernières années. Pour bien situer le contexte, à ce jour, 89 % des dirigeants sont des hommes, pour 11% de femmes, et ce ratio est de 77%-23% au niveau des salariés.


Une faible rentabilité dans un contexte très concurrentiel

A ce stade, il est bon de préciser que la rentabilité d’une scierie est plutôt faible, par rapport à d’autres industries liées à l’utilisation de matières premières, alors même que les besoins en investissements s’avèrent – rappelons-le – conséquents. Il en résulte un manque de capitaux propres pour de nombreuses PME, le tout dans un contexte de forte concurrence internationale, notamment depuis le Canada et le Nord de l’Europe.

Il reste possible de vivre décemment de cette activité. Par exemple, l’entreprise Ambiance Bois installée dans le Limousin est l’une des seuls SAPO de France, c’est-à-dire une Société Anonyme à Participation Ouvrière, qui ambitionne de permettre à sa trentaine de salariés de travailler différemment. En effet, tous disposent du même salaire, sont formés à la polyvalence, et le capital de l’entreprise leur appartient de manière collective.

Bien sûr, certaines scieries de petite taille parviennent à s’en sortir au travers de stratégies rondement menées de diversification – et/ou par l’intégration d’activités de transformation – mais dans l’ensemble, le tableau ainsi dressé, conduit à la conclusion que la concentration va se poursuivre. En outre, les clients attendent clairement de la part des professionnels du secteur qu’ils mettent en avant des produits plus élaborés que ceux proposés jusqu’à alors (à savoir les sciages « bruts »).

Des métiers spécifiques, qui évoluent vers davantage de qualifications

Nous ne prétendrons pas ici dresser une liste exhaustive des métiers et spécialisations liés au domaine d’activité de la scierie, notamment car celui-ci fait appel à plusieurs professions qui peuvent exercer au sein d’autres secteurs. Cela étant posé, il nous paraissait important de faire un focus sur trois professions très spécifiques.

Le métier d’affuteur

Comme son nom l’indique, il est en charge de l’affutage – mécanique ou manuel – de tout ou partie des lames de scies utilisées dans la scierie qui l’emploie, ainsi que de l’entretien des chaînes de tronçonneuse. Par extension, on considère souvent qu’il doit veiller à ce que l’ensemble des instruments coupants soient prêts à être utilisés.
Il s’agit d’un métier qui requiert une grande minutie, une bonne condition physique, et qui découle d’une formation de type CAP ou BEP de mécanique générale, ou de conducteur/opérateur en scierie, voire d’un Bac Pro technicien de scierie pour débuter.

L’ouvrier polyvalent en scierie

Il manipule le bois à chaque étape de la chaîne de production, et notamment au niveau des machines d’écorçage et de délignage, sans oublier celles d’éboutage et de sciage. L’empilage des éléments sciés lui est aussi fréquemment confié, et cet emploi implique des qualifications similaires à celles d’un affuteur, sachant qu’un BEP bois et matériaux associés ou un CAP de conducteur bois permet d’accéder à cette profession.
Le scieur, le repreneur et le mérandier sont quelques-uns des dérivés de spécialisation de cet ouvrier polyvalent

Le tronçonneur en cabine

C’est l’habile conducteur d’un engin très particulier, en charge de repérer la grume, de la saisir avec une griffe spéciale, pour la poser sur la chaîne où elle sera ensuite tronçonnée. Là encore, le BEP « bois et matériaux associés » ou le Bac Pro « Technicien de scierie » sont fortement recommandés.


Il est remarquable de constater que ces métiers, ainsi que bien d’autres d’ailleurs, ne sont pas en voie de disparition, comme on pourrait le croire. En effet, depuis le début des années 2000, un nombre croissant de systèmes se sont considérablement modernisés, et pour tout dire, automatisés. Les emplois manuels peu qualifiés en ont indubitablement fais les frais, notamment en ce qui concerne le tri du bois, ainsi que l’alimentation des machines. Toutefois, au sein des scieries, l’expertise humaine représente encore une valeur ajoutée considérable, et toutes les tâches ne peuvent pas être confiées à des robots – l’IA (Intelligence Artificielle) changera peut-être la donne un jour, mais sur le très long terme.

Un secteur en pleine mutation

Outre les évolutions des métiers mentionnés ci-dessus, vers sans cesse plus de professionnalisation et de spécialisation – afin d’accomplir des tâches que seul l’œil et l’interprétation d’un être humain peuvent faire – le secteur des scieries connaît d’autres bouleversements majeurs. Certains peuvent être conjoncturels, tels que les invasions de scolytes – insectes friands de résineux – mais nous nous concentrerons ici sur ceux ayant une dimension structurelle.

Un mouvement enclenché de concentration

Parmi les acteurs-clés du marché, la FNB Fédération Nationale du Bois – représente près de 40 000 salariés en zone rurale, répartis au sein de 1 750 entreprises affiliés, pour un chiffre d’affaires largement supérieur à 5 milliards d’euros. Les analyses présentées par l’Observatoire de la FNB bénéficient donc d’une grande crédibilité, et méritent que l’on s’y arrête quelque peu.

En effet, la plupart de ces données, publiées trimestriellement, ne se contentent pas de présenter l’évolution des prix moyens pratiqués, car elles dressent aussi, en filigrane, les tendances qui animent les entreprises du secteur.

Ainsi, l’on découvre que le marché se structure autour de petites scieries, qui ne produisent que quelques centaines de mètres cubes de bois, essentiellement à destination des artisans et des marchés locaux, ainsi que de quelques gros acteurs. Ces derniers peuvent produire entre 50 000 et 200 000 mètres cubes chaque année, pour satisfaire notamment l’appétit des papetiers et d’autres grands groupes internationaux.

De surcroît, il est clair qu’un mouvement de concentration est d’ores et déjà à l’œuvre, et qu’il n’est probablement pas encore achevé. De fait, au cours de la dernière décennie, le nombre d’entreprises a été réduit de moitié, et à ce jour, près de 60% du chiffre d’affaires total du secteur est réalisé par … 10% des scieries seulement !

A ce jour, près de 60% du chiffre d’affaires total du secteur est réalisé par … 10% des scieries seulement !

Vers la scierie « de demain »

La scierie du futur devra plus probablement faire face à l’intégration des enjeux de la transformation digitale, et du concept désormais bien enclenché d’usine « 4.0 ».

Il s’agit là de profondes mutations, qui n’iront sans doute pas sans heurts, d’où l’intérêt des démarches du type de celle organisée par le CRITT BOIS – Centre Régional d’Innovation et de Transferts Technologiques des Industries du BOIS – qui organise des débats autour de ces sujets majeurs. En effet, plus tôt le secteur des scieries se mettra en ordre de marche pour appréhender les défis des années à venir, et plus il pourra en tirer profit avantageusement. Certes, le nombre d’entreprises diminuera sans doute encore, mais celui des emplois pourrait bien connaître une courbe inverse. Ce sera de toutes façons probablement une nécessité pour que la France reste compétitive dans le métier du sciage du bois.

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