Entreprises de l'activité "Décolletage" par département

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Décolletage - les données clés

Nombre total d'entreprises
554
entreprises
Nombre de créations au cours des 6 derniers mois
Effectif moyen
12
employés
Parité Homme/Femme
Depuis largement plus de 200 ans, la France s’est fait une place à part à l’échelle mondiale en matière de décolletage. Bien que cette industrie ait inévitablement connu des hauts et des bas au cours de son histoire, elle représente un chiffre d’affaire supérieur à 2 milliards d’euros. En outre, voici une activité qui progresse régulièrement, à hauteur de 1,5 à 3% par an depuis la crise de 2008. Depuis 2011, un plan stratégique – intitulé Expansion 2020 – est parvenu à insuffler une dynamique positive remarquablement efficace. Ainsi, l’export représente notamment près de 50% des ventes, et le secteur s’avère donc beaucoup moins dépendant que par le passé à la bonne santé de l’économie hexagonale. 

Le décolletage a réussi à se transformer et se renouveler, de manière à trouver de nouvelles sources de création de valeur, mais le chemin emprunté n’aura pas été sans difficultés. Toutefois, avant même d’atteindre ce niveau de détails, il nous faudra préalablement définir quelle réalité « se cache » derrière le code NAF 25.62A, et mesurer l’importance de la Haute-Savoie à l’échelle nationale et internationale.

Un secteur au passé séculaire, fortement implanté en Haute-Savoie

Pour beaucoup, le terme de décolletage évoque le monde de l’industrie, mais sans toutefois saisir tous les tenants et aboutissants de ce terme technique. De fait, il convient d’abord de définir ce que l’on entend par décolletage, à savoir un procédé de façonnage des pièces métalliques par enlèvement de matière. 
Une première étape implique donc un usinage du matériau brut, qui se verra ensuite façonné avec la plus extrême précision pour obtenir le résultat attendu. En France, « l’art » du décolletage – car c’est bien d’un savoir-faire quasi artistique dont il est question – existe depuis plus de trois siècles, d’abord au travers de l’artisanat horloger, puis avec l’envol de cette activité lors de la Révolution Industrielle.
Il se trouve par ailleurs fortement concentré au cœur de la vallée de l’Arve, près de 70% des entreprises du secteur ayant élu domicile en Haute-Savoie, entre le Mont-Blanc et la Suisse. Voici à présent la liste des 15 sociétés les plus dynamiques du secteur, par ordre décroissant de chiffre d’affaires : 

  • Bontaz Centre
  • Frank et Pignard
  • Alpentech
  • Ets Pernat Emila SA
  • F C M P
  •  Chatal
  • Etablissements Joseph Martin
  • Société d’usinage des métaux plaques aciers rectifiés
  • Segepo décolletage
  • Walor Lege
  • Perroton
  • Baud Vougy
  • Bargy Décolletage
  • Sa amd décolletage
  • Farella

Les chiffres d’affaire dont il est ici question vont d’un peu plus de 20 millions jusqu’à près de 100 millions d’euros, et toutes ces entreprises emploient entre 50 et 300 salariés. L’univers du décolletage est donc essentiellement celui des PME et des ETI.
En outre, pour en revenir à la prépondérance de la vallée de l’Arve dans la répartition géographique du secteur du décolletage en France, 10 des 15 entreprises précédemment citées sont situées dans cette zone – dont les 5 premières. Si l’on agrège les entreprises de sous-traitance mécanique liée au décolletage avec celles spécialisées dans le domaine, ce sont près de 1200 établissements qui orbitent autour de cette industrie dans le département du 74.

La période troublée des années 2000

D’une ère de prospérité remarquable pendant les XIXème et XXème siècles, le début des années 2000 a bien failli conduire l’industrie du décolletage au bord de l’abîme, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, c’est bien le secteur secondaire dans son ensemble qui a subi une réelle désaffection de la part des jeunes diplômés à cette période, l’associant à des conditions de travail difficiles (bruit, omniprésence d’huile très salissante, opérations intensives à la chaîne, etc.). 
Bien sûr, pour quiconque côtoie actuellement de près ou de loin l’univers de l’industrie en France, cette vision est aussi biaisée qu’éloignée de la réalité, mais ses effets sur le nombre de jeunes décolleteurs ont été, quant à eux, bien réels. Pour ne citer qu’un exemple révélateur, le journal du Dauphiné a remarquer qu’en 2010, l’un des principaux lycées professionnels de la vallée de l’Arve, Paul-Béchet de Cluses, n’avait présenté que 18 candidats dans ce domaine, contre plus d’une soixantaine moins de 10 ans auparavant. 

En outre, si les quelques décennies précédant le tournant du 3ème millénaire ont permis aux entreprises spécialisées dans le décolletage de se développer fortement à l’international, elles ont également été marquées par l’arrivée de concurrents étrangers « aux dents longues ». Ces derniers, venus notamment d’Outre-Atlantique, ont procédé à de multiples rachats sur le territoire national, parfois mus par une vraie logique entrepreneuriale, mais le plus souvent pour de « simples » motivations financières. Il en a résulté une réduction significative du nombre d’acteurs, renforcé par la quantité notable de fusions-acquisitions sur cette même période.

Un secteur à la résilience hors du commun

Compte-tenu de l’état dans lequel se trouvait le secteur du décolletage en France à la veille de la crise économique de 2008, nombreux étaient les observateurs à douter de sa capacité de rebond lorsque ladite crise s’est déclenchée. Le fait que le secteur ne se soit pas contenté de résister mais ait pu se développer face à de tels vents contraires à l’échelle mondiale témoigne donc sans l’ombre d’un doute de son incroyable résilience. A vrai dire, la crise de 2008 a permis à plusieurs industriels français d’investir massivement dans ce secteur pour un coût avantageux, et l’importance de la vallée de l’Arve – également connue sous le nom de Technic-Vallée – s’en est trouvée encore renforcée. 

A ce stade, vous vous demandez probablement quelles sont les raisons qui ont poussé ces entrepreneurs à reprendre une activité parfois décrite comme sur le déclin. L’explication de cet apparent paradoxe est à trouver dans les compétences – rares, et donc précieuses – que le décolletage implique en ce qui concerne le travail des métaux. De fait, il s’agit véritablement d’une technologie de pointe, et la demande mondiale en pièces à la sophistication croissante ne cesse d’augmenter, dans des secteurs aussi variés que l’automobile, l’aéronautique et le spatial, les énergies, l’horlogerie, ou bien encore le domaine médical, les nouvelles technologies de l’information et la communication, ou encore la robotique.

Un secteur à l’avenir radieux

Comme nous l’avons vu précédemment, les effets de la crise économique de 2008 ont donc été plutôt bénéfiques au secteur du décolletage en France, favorisant le retrait des fonds de pension étrangers n’ayant qu’une logique financière pour seul moteur, au profit de chefs d’entreprise disposant d’une réelle stratégie industrielle. 

Au cours de la décennie suivante, l’attractivité des métiers concernés s’en enfin rétablie, parallèlement à la modernisation des outils de production. En termes de résultats, le bénéfice s’est immédiatement fait sentir, avec une croissance supérieure à 30% depuis le point bas, et qui ne semble pas donner le moindre signe d’affaiblissement. 

A l’image de l’ouverture très prochaine d’un immense techno-centre à Cluses – en Haute-Savoie, bien entendu – qui n’ambitionne rien moins de devenir une référence mondiale, le secteur du décolletage est promis à un bel avenir. 

En effet, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, les domaines d’applications pour des pièces métalliques sans cesse plus complexes à usiner ne manquent pas. Il convient par ailleurs de souligner que l’expertise française en la matière est si prégnante que les emplois à la clé sont très difficilement délocalisables – un fait suffisamment rare dans l’industrie pour mériter une mention spéciale. Quant à la poursuite du développement de l’activité au cours des prochaines années, il ne fait aucun doute qu’elle permettra d’employer encore bien davantage de personnes – et 17 000 devraient notamment se retrouver au sein du techno-centre précédemment cité.


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