Exploitation de gravières, sablières, extraction d'argiles, de kaolin

Entreprises de l'activité "Exploitation de gravières, sablières, extraction d'argiles, de kaolin" par département

Exploitation de gravières, sablières, extraction d'argiles, de kaolin - les données clés

Nombre total d'entreprises
890
entreprises
Nombre de créations au cours des 6 derniers mois
Effectif moyen
10
employés
Parité Homme/Femme

Alors que le respect de l’environnement et le développement économique durable reviennent de plus en plus souvent dans l’actualité, le secteur d’activité lié à l’exploitation des gravières et sablières mérite qu’on lui accorde une attention particulière. En effet, celui-ci se trouve « à l’intersection » de ces deux grandes notions sociétales, étant tantôt accusé de causer un désastre environnemental, tantôt présenté comme une des sources d’emplois du futur prometteuse.

De fait, pour mieux cerner la réalité qui se trouve derrière un code NAF – 08.12Z, il convient d’abord de présenter objectivement ce secteur. Par la suite, il sera possible de prendre une position éclairée sur le débat actuel concernant la soutenabilité du développement de la filière « gravières et sablières ».

En France, ce sont chaque année près de 440 millions de tonnes de granulats qui sont consommées annuellement,
avec 340 millions issus de carrières et les 100 millions restants en provenance du recyclage des matériaux des chantiers du BTP.

L’exploitation des carrières de granulats en France

Description de la sous-classe 08.12Z

Selon l’INSEE, ce secteur d’activité englobe les éléments suivants :

  • L’extraction et le dragage pour les sables industriels, ainsi que les sables utilisés par le BTP, et les graviers
  • Toujours pour les graviers, le concassage et le broyage
  • Pour les argiles, ainsi que les terres dites « réfractaires » et de kaolin, leur extraction.
  • Enfin, et de façon certes plus anecdotique, la fabrication de litières pour animaux est également prise en compte, lorsqu’elles sont en argile ou pouzzolane

Il s’agit donc essentiellement de carrières de granulats (graviers, sable) et de leur préparation pour la vente.

L’extraction de kaolin est économiquement anecdotique en France de nos jours avec 8 principaux gisements exploités. Cette argile blanche est indispensable à la fabrication de la porcelaine, mais elle s’utilise aussi massivement dans l’industrie du papier. On peut aussi l’ajouter au caoutchouc, dans des peintures, pour fabriquer des ciments géo-polymères, ou encore pour en faire un usage médicinal.

Un marché principalement concentré aux mains de quelques multinationales

Rappelons que les principaux acteurs du marché sont des entreprises internationales très connues, telles que :

  • le cimentier LafargeHolcim France, anciennement Lafarge, fort de 4 500 salariés répartis sur plus de 400 sites 
  • Imerys avec plus de 68 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018, en augmentation de 33%, et un capital social supérieur à 158 millions d’euros.

  • Il s’agit également de Colas, leader mondial de la construction de routes

  • ou du groupe Vinci au travers d’Eurovia : 19 300 collaborateurs et 196 marques déposées.

Pour mémoire, nous parlons ici d’entreprises avec plusieurs dizaines de milliers de salariés à travers le monde, et qui réalisent des chiffres d’affaires en milliards d’euros.

Bien sûr, il existe encore de petits acteurs – associés à un ou deux projets de carrières – mais ceux-ci se font de plus en plus rares, pour ne pas dire anecdotiques, face aux géants précédemment évoqués.

Au total, ce sont 2 570 entreprises en France qui œuvrent sur ce secteur, et 90 sociétés dans les DOM-TOM.

Un cadre légal contraignant pour les carrières : l’ICPE

Depuis 1979, les carrières de granulats – là où les sables et les graviers sont extraits des roches (meubles, calcaires, terrestres ou marines, voire éruptives et de recyclage) – sont soumises à une législation spécifique, l’ICPE – Installations Classées pour la Protection de l’Environnement. Une étude d’impact environnemental est donc requise systématiquement de la part du porteur de projet, afin que les impacts extérieurs puissent être, autant que possible, limités.

En outre, l’obligation de remise en état

qui prévalait déjà précédemment s’est vue assortir, en 1994, de garanties financières, dans le but de sécuriser la

restitution d’un site dans son paysage à la fin de la période d’exploitation

. Ainsi, il peut être question de réaménagement agricole, forestier, voire pour des activités de loisirs, en fonction des souhaits du propriétaire foncier et de certains enjeux locaux.

Les métiers le plus représentatifs du secteur.

Concernant les métiers représentatifs, et les besoins en qualification de ce secteur, il faut bien sûr mentionner l’explorateur, qui intervient en amont du projet afin de déterminer l’emplacement du gisement, ainsi que ses caractéristiques principales. Ensuite, interviennent l’exploitant et le minéralurgiste, qui seront chargés d’extraire le minerai « de base », parfois appelé « stérile », puis les substances utiles (sables et graviers). Enfin, les métallurgistes – y compris ceux adeptes de la pyrométallurgie – se chargeront d’utiliser le concentré obtenu pour produire les matériaux (bétons, vitres, etc.) attendus par les clients finaux.

Le sable et les granulats sont indispensables à notre société

Le sable, la seconde matière la plus consommée dans le monde  après l’eau

Rappelons que le sable représente, aujourd’hui encore, un élément absolument fondamental pour notre société. Ainsi, le béton utilisé pour la construction des bâtiments provient, à 75%, de sable, tandis que ce ratio atteint encore 65% pour les vitres. Les enrobés routiers, les points, et même les panneaux solaires reposent aussi très largement sur le sable.
Les cosmétiques, les peintures, ainsi que les circuits informatiques contiennent également jusqu’à près de 50% de sable.

En outre, la consommation de chaque Français de granulats atteint près de 6 tonnes par an, et notons bien qu’il s’agit de la seconde matière la plus consommée à l’échelle du globe – après l’eau, certes, mais loin devant le gaz ou le pétrole.

Les sables rares, destinés à l’électronique, sont aujourd’hui très demandés, et plus largement, la demande mondiale en sable et gravier atteint près de 50 milliards de tonnes par an.

Une pénurie de sable exploitable s’annonce

Contrairement aux hydrocarbures et aux métaux, le sable et les graviers constituent une ressource que bon nombre de personnes s’imaginent, en toute bonne foi, comme étant quasi-illimitée. Pour autant, ce n’est pas le cas, et cette ressource non-renouvelable se trouve même aujourd’hui à un point critique.
En effet, chaque année, les quantités prélevées se révèlent très largement supérieures – de 3 à 5 fois – à celles charriées par les rivières de la planète. Qui plus est, de l’agrandissement de Singapour aux îles artificielles construites dans le Golfe Persique, ces terres ont nécessité une consommation phénoménale de sable et de graviers.

Par ailleurs, notons que le sable « exploitable » est nettement plus difficile à trouver qu’on ne le croit, car les grains ne doivent pas être trop fins, ce qui est le cas pour le sable issu des principaux déserts. Avec des grains trop fins, c’est une quantité excessive d’eau qui doit être utilisée, pour aboutir à un matériau à la résistance mécanique insuffisante. On ne peut donc pas faire de béton avec le sable des déserts.

Bien sûr, cette surexploitation ne s’est pas faite sans causer de sérieux déséquilibres naturels, impactant les écosystèmes locaux – comme autour du plus grand lac d’eau douce de Chine, le Poyang. Les berges de nombreux cours d’eau ont été déstabilisées, avec des crues considérables en retour, et certains ilots ont d’ores et déjà purement et simplement disparu. Il en va de même pour des plages, et les animaux côtiers – des tortues aux oiseaux en passant par les crustacés – en subissent les effets, de même, d’ailleurs, que l’économie du tourisme. Qui n’a pas entendu parler du recul du trait côtier en France ?
Qui plus est, en Inde notamment, de véritables organisations illégales et malfaisantes ont vu le jour autour de l’économie du sable et des granulats. Tous ces éléments conduisent aujourd’hui certains à craindre une pénurie de sable à moyen terme.

Recyclage, alternative au sable, etc : les pistes d’une croissance durable

Chaque année, dans l’Hexagone, près de 17 millions de tonnes de béton sont démolis … ce qui fait, potentiellement, de grosses quantités de sable à récupérer.
En France, depuis les années 1990, l’extraction depuis les plages et les cours d’eau est interdite, et de plus en plus de voix s’élèvent contre les passages de dragues en mer, au large des côtes, car ils causent de sévères dégâts aux animaux vivant dans les premières épaisseurs de sédiments.

Pour autant, cela ne signifie aucunement la fin programmée de cette filière, car nous aurons encore besoin – et pour longtemps – de sable et de granulats, aussi bien dans le BTP que le monde médical, et de l’industrie, en passant par la peintre et les cosmétiques. Certes, la crise de 2008 a été un frein pour l’ensemble du secteur, et le ralentissent de la croissance mondiale que nous observons en 2009 produira sans doute également un effet similaire – quoique de moindre ampleur. Néanmoins, sur la durée, et notamment du fait de la volonté des pays émergents d’accélérer leur développement, les besoins resteront forts.

Il convient alors de concilier cet impératif avec la nécessité de préserver davantage l’environnement, et c’est bien ce à quoi s’attelle d’ores et déjà la filière, au travers du broyage de roches pour produire des granulats de façon moins « impactante », par exemple.
La piste du recyclage mérite également d’être explorée, et depuis 2012, le programme de recherche Recybéton est précisément focalisé sur ce point. De fait, chaque année, dans l’Hexagone, près de 17 millions de tonnes de bétons sont démolis … ce qui fait, potentiellement, de grosses quantités de sable à récupérer.
D’autres initiatives sont également à souligner, du béton cellulaire au granulats issus de cendres provenant de l’incinération de déchets, en passant par les scories d’aciéries, le béton géopolymère, ou bien encore les sciures et les fibres de noix de coco.


Le développement économique et social n’est pas prêt de s’inverser, et la demande en sables/granulats peut permettre d’employer de nombreux salariés en France dans les prochaines années.
Nous devons prendre garde à la surconsommation, c’est certain, mais à cette condition, les perspectives – pour l’économie et l’emploi – sont indéniablement positives dans ce secteur.

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