Entreprises de l'activité "Aide à domicile" par département

Aide à domicile - les données clés

Nombre total d'entreprises
14 382
entreprises
Nombre de créations au cours des 6 derniers mois
Effectif moyen
11
employés
Parité Homme/Femme

En France, les entreprises du secteur de l’aide à domicile génèrent un chiffre d’affaires annuel cumulé de près de 12 milliards d’euros, un résultat d’autant plus remarquable que l’arrivée des acteurs privés ne date que du milieu des années 1990. Par ailleurs, ce secteur connait actuellement une période charnière. En effet, les métiers concernés sont parfois mal considérés, mais du fait du vieillissement de la population, et du grand nombre de personnes âgées et handicapées souhaitant rester chez elles aussi longtemps que possible, le secteur a de belles perspectives d’avenir. L’aide à domicile présente deux caractéristiques remarquables, n’étant peu ou pas soumis aux risques de délocalisation, ni à une « ubérisation » du fait d’un cadre législatif strict. 

Présentation des métiers de l’aide à domicile, entendue au sens du code NAF

Dans la Nomenclature d’Activité Française, chaque secteur fait l’objet d’une codification particulière, et l’aide à domicile ne fait pas exception à la règle. 

Le contenu de la sous-classe 88.10A

L’aide à domicile correspond au code APE 88.10A, qui comprend « les visites à domicile et les services d'auxiliaires de vie rendus aux personnes âgées et handicapées », ainsi que « les services d'aide, assurés par des organismes extérieurs, à des personnes âgées et handicapées vivant en hébergement collectif », sans oublier « l'aide à domicile en milieu rural ». Toutefois, cette codification ayant essentiellement une finalité statistique, elle ne révèle pas complètement la diversité des métiers ainsi regroupés. 

Les métiers concernés

Sans prétendre à l’exhaustivité, et outre les aides à domicile, l'on peut citer quelques professions assimilées, telles que les aides ménagères, les dames de compagnie, ou bien encore les travailleuses familiales et les auxiliaires de vie sociale, etc. Si le féminin revient fréquemment dans la dénomination des métiers de l’aide à domicile, cela s’explique par le fait qu’une grande majorité des salarié(e)s du secteur sont des femmes

Un secteur économique parfois mal perçu et en pénurie de recrutements

Lorsque l’on évoque l’aide à domicile, certains clichés ont la vie dure, ce qui réduit le nombre de postulants pour les métiers concernés. 

Un volume de candidatures en berne

Le secteur de l’aide à domicile présente encore aujourd’hui une image qui pourrait être bien meilleure. En effet, s’agissant notamment de la rareté des temps complets, de l’intensité physique des conditions de travail, ou bien encore de la dureté psychologique de faire face à des situations personnelles difficiles, les préjugés sont nombreux. C’est d’autant plus regrettable que cela dissuade de nombreuses personnes accédant au marché de l’emploi de s’orienter vers ce secteur pourtant porteur, alors que la réalité est – comme souvent – bien différente des stéréotypes.

Des conditions de travail et un statut social en évolution positive

Grâce à la diversification des tâches, le temps nécessaire s’est considérablement accru, et il n’est donc plus question uniquement de temps partiels. De plus, au travers de cours d’ergonomie et d’un matériel sans cesse plus efficace, le côté « physique » de ces emplois n’est plus du tout rédhibitoire. Enfin, s’il peut être complexe de côtoyer quotidiennement des personnes plus faibles, il s’agit d’une responsabilité sociale essentielle, qui contribue à apporter une considération de plus en plus profonde pour les aides à domicile. 

Un passé associatif qui a profondément impacté le secteur

Pendant très longtemps, l’aide à domicile était pour ainsi dire exclusivement cantonnée à la sphère familiale, mais dans la période de reconstruction et d’aide aux plus défavorisés qui a suivi la Seconde Guerre Mondiale, le secteur a été organisé par les associations.

La place encore importante du bénévolat et du travail dissimulé

Pendant près de quatre décennies, jusqu’au tournant des années 1990, l’aide à domicile a donc été structurée dans une logique particulière, découlant de cette position quasi-monopolistique du monde associatif. C’est notamment ce qui explique qu’aujourd’hui encore, le bénévolat occupe une place importance dans le domaine, tandis que l’influence forte de la sphère privée irrigue toujours un (trop) grand volume de travail dissimulé.

L’émergence des acteurs privés

Si l’Etat a joué lui aussi un rôle majeur, au travers de financements publics conséquents, l’arrivée des entreprises privées se révèle finalement assez récente. C’est ce qui explique qu’entre 2006 et 2011 dans la région Nord-Pas-de-Calais, le volume d’activité des services d’aide à domicile réalisé par des entreprises soient passées de 2 à 8%, et que leur part dans la totalité des conventionnements ait progressé de 1% en 2007 à 25% en 2012. Bien sûr, il existe des disparités importantes entre les régions, mais au-delà des données brutes, c’est davantage la tendance qui mérite d’être soulignée, car elle s’applique sur l’ensemble du territoire. 

Un gisement d’emplois sous-exploité

Compte-tenu du potentiel de recrutements, l’aide à domicile pourrait contribuer à réduire significativement le taux de chômage en France, et ce d’autant plus que le secteur est globalement mieux « protégé » que bien d’autres face à la concurrence étrangère et digitale. 

Un cadre juridique incitateur et protecteur

Qu’il s’agisse de l’exonération des charges patronales pour les personnes âgées faisant appel à une aide à domicile, datant de 1987, des emplois familiaux et du chèque emploi services, respectivement apparus en 1991 et 1993, le cadre législatif entourant le secteur de l’aide à domicile favorise désormais la croissance des entreprises. Il en va de même de la loi du 29 janvier 1996, et de celle du 26 juillet 2005, concernant toutes deux le développement des emplois de services à la personne, avec un net glissement opéré du cadre associatif vers l’entrepreneuriat privé.

Des métiers peu soumis à la délocalisation ou aux dérives de l’économie collaborative

Aux yeux des gouvernements qui se sont succédés, le nombre croissant de personnes âgées souhaitant demeurer autonomes dans un cadre familier implique donc un important gisement d’emplois. En outre, dans la mesure où ces derniers s’exercent, par définition, au domicile des personnes aidées, il n’y a là aucun risque de délocalisation, et ne requérant pas de longues études, ces emplois sont ouverts aux personnes peu qualifiées. De plus, si de nombreux secteurs doivent aujourd’hui faire face à une uberisation – autrement dit, un service rendu par des micro-entrepreneurs ou indépendants assimilés, via une plateforme de centralisation des demandes – ce n’est assurément pas le cas de l’aide à domicile. En effet, d’un point de vue légal, pour qu’une entreprise puisse proposer une telle prestation, elle doit préalablement obtenir une autorisation du département dans lequel elle entend agir, or cet agrément répond à un cahier des charges strict, ne prévoyant pas l’auto-entrepreneuriat

Un secteur qui se modernise

Comme évoqué précédemment, les emplois à la clé ne sont pas susceptibles d’être occupés par des « freelance ». Pour autant, il y a un aspect positif à une certaine forme d’ubérisation de l’économie. 

Des gains d’efficacité indéniables

Lorsque l’on aborde les apports liés aux plateformes telles qu’Uber, l’utilisation des dernières technologies disponibles pour améliorer la qualité du service fourni a indéniablement eu un effet remarquable. De ce point de vue, les gains en termes d’efficacité pour les salarié(e)s du secteur de l’aide à domicile pourraient être considérables, avec des outils collaboratifs facilitant l’élaboration des plannings et/ou la communication avec les familles des personnes aidées.

L’avenir est à la concentration

Le marché représentant aujourd’hui dans l’Hexagone un CA cumulé de plus de 12 milliards d’euros, que se partagent près de 14 000 sociétés, on voit bien que depuis le début des années 90 et la disparition du quasi-monopole des associations, les entreprises privées ont parcouru du chemin ! Toutefois, on observe aussi que la grande majorité de ces sociétés ne comptent pas plus de 10 salariés, et que leur nombre global n’a pas seulement cessé d’augmenter depuis la crise économique de 2008-2009, il s’est même contracté. Cela s’explique par le mouvement de concentration que nous avons précédemment évoqué, avec la disparition par fusion des entreprises les moins bien « armées » pour faire face aux aléas conjoncturels, et qui pourrait déboucher, à moyen terme, par l’émergence d’acteurs de taille significative. 

L'enjeu de la pérennité des services dans un secteur dynamique

C’est le véritable paradoxe auquel doivent faire face aujourd’hui les acteurs de l’aide à domicile, car alors même que les perspectives économiques sont bonnes et que les conditions de travail progressent, le risque d’une pénurie de services est bien réel.

Des acteurs trop petits aux charges trop élevées

Pour les entreprises privées évoluant dans le secteur de l’aide à domicile, les dépenses de personnel représentent parfois plus de 80% du montant total des charges, et ce taux réduit bien entendu considérablement leurs capacités de réaction face à un événement conjoncturel à l’impact négatif. En outre, de trop nombreux acteurs se sont lancés sur le marché sans parvenir à atteindre le seuil minimum d’activité nécessaire pour leur permettre de subsister. La faute en revient autant au système de tarification horaire, ne permettant pas d’intégrer l’ensemble des coûts (fixes et variables) qui pèsent sur les entreprises, ainsi qu’au ratio trop important occupé par les services les moins rémunérateurs dans le C.A total. Il en résulte des déficits récurrents, contraignant les sociétés à puiser dans leurs réserves jusqu’à ce qu’elles soient mises en liquidation, ou fusionnent avec d’autres plus solides sur le plan économique. 

Des disparitions d’emplois « irrationnelles », face à une multiplication des offres

Le problème de fond réside dans le fait que toutes les entreprises défaillantes ne sont pas rachetées, et certaines disparaissent tout simplement, entrainant des pertes sèches d’emplois. Face à un marché aux besoins structurels forts et en plein essor, l’enjeu est bien celui de la pérennité des services. Fort heureusement, de l’Etat aux associations, en passant par les collectivités territoriales et les entreprises privées qui réussissent, tous les acteurs en sont pleinement conscients. Ainsi, des ateliers sont régulièrement organisés de partout en France, comme dans le pays Mellois, pour donner une meilleure image – et plus proche de la réalité – de l’aide à domicile. Les conditions d’exercice se sont notablement améliorées, et continuent de progresser, tandis le travail est devenu plus bien pluridisciplinaire (et donc intéressant), et les offres d’emplois sont légion.

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