Entreprise de surveillance, sécurité privée, gardiennage

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Entreprise de surveillance, sécurité privée, gardiennage - les données clés

Nombre total d'entreprises
17 046
entreprises
Nombre de créations au cours des 6 derniers mois
Effectif moyen
21
employés
Parité Homme/Femme

A l’approche de chaque échéance électorale, les sondages sont là pour en témoigner : la sécurité intérieure fait partie de nos préoccupations majeures au quotidien. Or, en dehors des forces de l’ordre, les acteurs économiques qui s’en occupent le plus directement sont bien entendu les entreprises de surveillance, de sécurité privée, et de gardiennage.

Pendant longtemps, le grand public a assimilé cette activité à celle de vigile, mais il ne s’agit en réalité que l’un des nombreux métiers qui la composent. Par ailleurs, avec près de 165 000 salariés en 2016, soit 14% de plus que seulement 5 ans auparavant, ce secteur fait preuve d’un remarquable dynamisme. Une si bonne santé découle d’une conjonction de plusieurs facteurs (menace terroriste accrue, émergence de nouveaux métiers, ainsi qu’une plus grande attention portée à la lutte contre la délinquance) et cette tendance positive est partie pour durer.
S’agissant donc d’une activité en pleine transformation, avec d’alléchantes perspectives d’emplois, il nous paraissait intéressant de consacrer un article à son étude.

Une activité beaucoup plus variée – et passionnante à découvrir – qu’il n’y parait

Définition du code NAF 80.20Z

Dans la codification de l’INSEE, le code NAF 80.20Z correspond à une sous-classe d’activité englobant la surveillance (physique ou à distance) de lieux sécurisés, avec des dispositifs d’alarme électronique anti-vol et/ou d’alarme incendie. L’installation et la maintenance de ces systèmes fait également partie de la même nomenclature, tout comme l’installation et la maintenance de dispositifs de verrouillages mécaniques ou électroniques de coffres-forts et/ou de chambres fortes, ainsi bien sûr que leur surveillance.

La figure-clé de cette activité est évidemment l’agent de surveillance ou de gardiennage, dont le principal objectif consiste à surveiller les personnes et les biens présents sur un site ou un immeuble donné, mais il peut aussi avoir un rôle primordial en cas de dysfonctionnement technique, tel un départ de feu, dans l’enceinte du lieu placé sous sa surveillance.

A ce jour, dans l’Hexagone, les quelques 165 000 salariés du secteur de la sécurité privée génèrent un chiffre d’affaires supérieur à 7 milliards d’euros, et en hausse constante depuis la crise économique de 2008 / 2009. Ils se répartissent en outre au sein de plus de 16 300 entreprises, dont 96 % de TPE / PME, et un effectif moyen de 22 collaborateurs, dont, encore, une écrasante majorité d’hommes, qui représentent 85 % des embauchés.

Missions et types d’agents de sécurité

Nous avons précédemment abordé le métier d’agent de sécurité, mais il est important de préciser que celui-ci regroupe en fait des réalités très différentes, et plusieurs prestations à part entière. Ainsi, outre l’agent de sécurité en charge de la prévention des intrusions (pour sécuriser une usine, un entrepôt, un centre commercial, un chantier ou bien même un concert, pour ne citer que ces quelques exemples), l’on peut citer l’agent de sécurité incendie, le rondier intervenant, l’agent cynophile, ou bien encore l’opérateur en télésurveillance et l’agent de prévention des vols.

Toutes ces prestations spécifiques requièrent logiquement des formations ad hoc, tels que les modules SSIAP (Service de Sécurité Incendie et Assistance aux Personnes), ou l’obtention d’un certificat de maître-chien. Cependant, dans tous les cas de figure, il conviendra de disposer d’une carte professionnelle (valable 5 ans et délivrée par le Conseil National des Activités Privées de Sécurité). Cette carte impose de présenter un casier judiciaire vierge, et de suivre une formation appropriée, à l’instar du Certificat de Qualification Professionnelle « APS » (Agent de Prévention et de Sécurité).

D’ailleurs, outre la société en elle-même, ce sont également ses dirigeants qui doivent obtenir un agrément spécifique de ce CNAPS.
Notons enfin que l’agent de sécurité n’a pas vocation à se mettre en danger pour réaliser sa mission, ce n’est pas un garde du corps, mais il doit, au travers de sa présence et de ses capacités d’analyse d’une situation, dissuader les tentatives visant à nuire à son client. En outre, en cas d’anomalie constatée, il lui faut le signaler rapidement, pour que ledit client puisse y remédier aussi vite que possible.

Retour sur l’historique méconnu de cette activité et la législation qui la régit

Pour bien comprendre un secteur, au-delà de la consultation de l’INSEE, il convient aussi de s’intéresser à son historique et à la législation qui l’encadre. Dans le cas présent, c’est vers un personnage célèbre de l’Histoire de France que l’on se tourne, à savoir Vidocq, qui a lancé, dans les années 1830, la toute première société privée de sécurité. Alors baptisée Bureau de Renseignements pour le Commerce. Au cours des décennies suivantes, l’on assiste à la création de polices internes aux entreprises, jusque dans les grands magasins, avec parfois même un impact politique indéniable. Ainsi, au cours de la Troisième République, de nombreuses enquêtes, plus ou moins légales, ont été menées par ces « polices privées », et elles se sont hissées au cœur de l’affrontement entre syndicats et patronat.

En toute transparence, l’image véhiculée par ces entreprises est longtemps restée sulfureuse, et c’est notamment ce qui a conduit à l’émergence des premiers textes législatifs destinés à l’encadrer. Ainsi, dans les années 70, un grand nombre de leurs salariés étaient d’anciens membres de l’OAS ou du SAC, et les bévues ont été nombreuses.

Afin de corriger cette situation, la loi n°83-629 du 12 juillet 1983 a instauré un cadre pour les activités privées de surveillance, de gardiennage et de transport de fonds. Pour tous les observateurs avertis, il s’agit là du texte fondateur de la sécurité privée dans l’Hexagone. Puis, régulièrement, l’arsenal législatif autour de ce secteur s’est renforcé, avec la publication régulière de LOPPSI (Lois d’Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure), donnant notamment naissance au conseil CNAPS précédemment cité en décembre 2011.

Une activité dynamique et en pleine mutation face aux enjeux sécuritaires de demain

Entre demande durablement forte, et conditions de travail en forte évolution

Sans chercher aucunement à créer la psychose, le fait est qu’en 2019, ce sont près de 3,5 millions de divers crimes et délits qui ont été comptabilisés en France, générant assez logiquement un climat d’insécurité propice au développement des sociétés de sécurité privée. Qui plus est, un nombre croissant de cas d’espionnage industriel sont répertoriés depuis plusieurs années, conduisant les entreprises à renforcer leur arsenal dissuasif en la matière. N’oublions pas non plus que, depuis 2015, en France, la menace terroriste est tristement revenue sur le devant de la scène.

Tous ces facteurs considérés ensemble permettent d’expliquer une grande partie de l’augmentation continue du chiffre d’affaires global du secteur, supérieur à 4% par an, et qui dépasse désormais largement les 8 milliards d’euros. La hausse du nombre d’installations de systèmes de surveillance et de détection est encore plus marquée, puisqu’elle s’élève à 45% en l’espace de 5 ans à peine, en incluant la demande des particuliers. De fait, les progrès techniques en la matière sont indéniables, permettant d’abaisser les coûts d’acquisition de ces équipements, et au niveau mondial, depuis les attentats de septembre 2001, les dépenses pour les services et technologies de sécurité se développent d’environ 8% par an.

Alors, bien sûr, sur la période post-crise économique, 2009 et 2010 plus précisément, le chiffre d’affaires du secteur de la sécurité a reculé, d’environ 1,5% par an, mais d’une part, cette baisse a été bien moindre que celle des autres services marchands, et d’autre part, il a très rapidement renoué avec la croissance. En effet, la crise a également incité un grand nombre d’entreprises à externaliser les prestations de sécurité, un mouvement identique étant constaté du côté des collectivités territoriales.

Néanmoins, ce secteur doit faire face à un défi majeur, celui d’améliorer les conditions de travail des salariés, y compris en termes de rémunérations. De fait, être agent de sécurité n’est pas simple au quotidien, et génère beaucoup de stress, sans même parler du fait que certains restent des heures debout, en extérieur, y compris en cas d’intempéries. En outre, faire constamment preuve de pondération et de diplomatie tout en restant ferme n’a rien d’une sinécure, et sur certains sites sensibles, la moindre erreur engageant la responsabilité d’un agent peut avoir des conséquences majeures.

Fait aggravant, pourrait-on dire, ces conditions de travail exigeantes ne se traduisent pas par une rémunération élevée, puisque la moyenne des salaires horaires nets comptent parmi les plus bas des services marchands. De surcroît, alors que les ingénieurs en informatique sont rémunérés généreusement, la plupart du temps, ceux qui travaillent dans les systèmes de sécurité figurent également parmi les moins bien lotis.

De cette situation, qui évolue fort heureusement assez nettement depuis plusieurs années déjà. Il a résulté, sans surprise, de sérieuses difficultés de recrutement pour un secteur pourtant très demandeur, et potentiellement créateur de nombreux emplois. Concluons ce point par une bonne nouvelle, car si les services marchands sont marqués par un fort ratio de turn-over, celui du secteur de la sécurité figure parmi les meilleurs élèves.

Les changements probables et profonds qui attendent cette activité pour les prochaines années / décennies

Bien sûr, le modèle économique qui sous-tend actuellement le secteur de la sécurité dans l’Hexagone est celui de la sous-traitance, ou de la prestation de services comme le veut l’expression consacrée. Ainsi, le donneur d’ordre, qu’il soit particulier ou professionnel, public ou privé, se présente comme un client qui externalise sa surveillance, et ce pour une durée déterminée dans le cadre d’un contrat. L’analyse des acteurs du secteur permet aussi de constater un morcellement très important, avec une multitude de petites entreprises, ne comptant parfois qu’un seul salarié, ou 5 à 6 collaborateurs, tout au plus.


Or, comme dans bien d’autres domaines, la croissance d’un secteur aussi morcelé entraîne inexorablement son lot de fusions / acquisitions, pour tendre vers un maillage plus concentré. Par ailleurs, une entreprise de sécurité souhaitant devenir un big player doit désormais étendre ses compétences bien au-delà du « gardiennage classique », en intervenant sur les sites à hauts risques, les ports et aéroports, la télésurveillance, les interventions mobiles sur alarme, etc. Et une façon simple d’acquérir une expérience suffisante sur toutes ces spécialisations consiste à racheter des TPE qui en ont fait leur fonds de commerce. Des entreprises telles que Securitas, Mondial Protection, ou bien encore France Gardiennage, l’ont d’ailleurs parfaitement compris et ont désormais atteint une taille critique faisant d’eux de grands groupes européens.

En outre, les spécialistes s’accordent pour dire que le secteur de la sécurité se trouve à l’aube de profondes mutations, avec des agents mieux qualifiés, et logiquement mieux payés pour faire face à des menaces protéiformes, et de plus en plus globalisées. En outre, l’apparition de nouvelles menaces va contraindre les Etats à confier une part croissante du travail de sécurisation aux acteurs privés, les forces intérieures publiques ne pouvant plus se suffire à elles-seules.

Concrètement, le législateur sera rapidement confronté aux problématiques d’implication des agents de sécurité sur la voie publique, pour le contrôle des personnes et des véhicules par exemple, en les dotant d’un statut reconnu par l’Etat et plus protecteur face aux menaces et agressions auxquels ils pourraient alors être confrontés.

Il s’agit là d’un changement de paradigme dans la façon de penser la doctrine d’emploi de la sécurité privée, et qui impliquerait une formation plus poussée de ses agents, ainsi qu’un travail en plus étroite collaboration avec la force publique. L’avenir du secteur sera donc passionnant à découvrir, mais il est certain que, dans un contexte de menaces évolutives elles-aussi, les perspectives en termes d’emplois créés sont plus que prometteuses.

Enfin, si, comme nous l’avons vu précédemment, ce secteur n’a pas toujours eu une bonne image, le fait que les agents de sécurité soient désormais au cœur du dispositif pour protéger quotidiennement le grand public a permis de redorer son blason – et de susciter bien des vocations.


Crédit photo : Pawel Czerwinski

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